Des robots compagnons pour nos personnes âgées

Malgré la campagne de vaccination massive qui vient de débuter au Québec, beaucoup de résidents de centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) demeurent seuls, isolés du monde extérieur. À leur rescousse, des compagnons robotisés.

Des chats et des chiens robots avaient déjà fait leur apparition il y a quelques années auprès des aînés dans certains CHSLD de la province. Rappelant de véritables animaux domestiques, qui réagissent au toucher, se tournent sur le dos et émettent des sons, ils ont vite été adoptés par les personnes âgées. 

Puis il y a eu Zora, un robot qui interagit, chante et danse, dans une résidence pour aînés de Lévis. Apparu en 2019, c’était une première au pays.

RECRÉER DU LIEN SOCIAL

En France, le robot Cutii va plus loin. Conçu à l’origine pour les aînés vivant seuls dans leur foyer, le robot a été déployé dans une trentaine d’Ehpad, résidences pour personnes âgées, au début de la pandémie pour aider le personnel aidant et les résidents confinés dans leur chambre.

« Le but principal avec Cutii est de recréer du lien social, qu’il soit l’intermédiaire entre les gens isolés et le monde extérieur » Antoine Bataille, Fondateur de Cutii.

Un sentiment partagé par le professeur François Michaud au Département de génie électrique et de génie informatique de l’Université de Sherbrooke, à la tête du laboratoire IntRoLab, spécialisé dans la robotique interactive, qui a pour vocation d’amener les robots dans la vraie vie. « Il y a un intérêt et certainement une utilité. Avec la pandémie, on voit les besoins des aînés qui ressortent massivement, c’est pire que pire ».

 

 

Au prix de 5000€ (environ 7500$), le robot est équipé d’une plateforme qui permet notamment de gérer son agenda, de passer des appels en visioconférence, d’avoir accès à des vidéos enregistrées, de la musique, des quizz etc. Il est également capable de faire des rappels, comme par exemple une prise de médicaments ou des activités en ligne prévues dans l’heure suivante.

Équipé d’un écran et d’un cou coulissant sur roulettes, Cutii est mobile et autonome. « Il scanne votre intérieur, il sait donc où il est, il sait se repérer », précise Antoine Bataille. La personne chez elle peut appeler le robot, et Cutii viendra à elle. « Nous l’avons également équipé d’une fonction follow me, le robot vous suit comme un petit chien le ferait ».

CUTII DÔTÉ D’IA

« On a développé cette option pour les Ehpad ». Les aides utilisent Cutii pour divertir les résidents au moment de la toilette, et pour passer d’une chambre à une autre, ce n’était pas évident de prendre à chaque fois son smartphone pour guider le robot », poursuit-il.

Mais ce que défend surtout son fondateur, c’est que Cutii à une personnalité, « c’est pour cela qu’on l’appelle compagnon ». Équipé de caméras 3D, « Cutii vous voit, il fait un suivi du visage ». 

Et le robot parle, « vous pouvez lui parler comme à un ami. Vous pouvez lui demander le temps qu’il fait ou quel jour on est, et il vous répond. Il est évolutif, il peut aussi se mettre à danser à coté de vous si vous mettez de la musique. On a développé sa fonction vivante, pour que le robot puisse vous faire des clins d’oeil par exemple ». 

ÉTENDUE DES UTILISATIONS DU ROBOT

La prochaine étape pour Antoine Bataille et ses équipes : repérer le squelette des personnes. « Actuellement, on sait déjà si une personne est debout ou allongée, mais on veut aller beaucoup plus loin grâce à l’intelligence artificielle ». Le robot pourrait ainsi détecter si une personne s’est évanouie ou dort, et s’adapter en fonction de la situation, « en appelant les secours par exemple ».

Le robot pourrait aussi à terme, rappeler à quelqu’un de boire ou de manger. 

« Mais Cutii ne remplacera jamais l’humain et ce n’est pas le but. Le but c’est d’être un soutien » Antoine Bataille, Fondateur de Cutii 

Pour François Michaud, l’objectif des robots compagnons n’est pas de remplacer un vrai compagnon, mais de venir combler un manque ou un besoin. « Je suis témoin de situations, où parfois les personnes âgées ont du mal à se connecter aux technologies. Cela devient une source de stress, d’anxiété, l’idée avec les robots est de les assister dans leurs démarches, cela les soulage ».

Déjà adopté sur le marché français, Cutii a récemment fait son arrivée en Amérique du Nord avec des robots dans le Connecticut et à Boston. Plusieurs incubateurs montréalais ont également fait part de leur intérêt.

Crédit photo : Cutii

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