OTTAWA ÉCARTE L'APPLI DE MILA

OTTAWA ÉCARTE L'APPLI DE MILA

Après des semaines d’attente, la décision est tombée. Le gouvernement fédéral préfère ne pas recommander COVI, l’application développée par les équipes de Yoshua Bengio, pour une utilisation au Canada. 

Ottawa a pris sa décision et se tournerait vers un autre outil de traçage des contacts. Selon plusieurs sources, il s’agirait de “Covid Shield” de la firme Shopify. Un outil qui fonctionne également via Bluetooth, mais élaboré avec l’API des deux géants Google et Apple. Une technologie binaire, plus facile d’accès.

« C’est vrai, COVI est écartée. On est déçu. D’après nous, il y a une crainte par rapport à l’utilisation de l’IA. On demandait beaucoup de questions à l’utilisateur sur l’état de santé, l’âge… 16 niveaux de recommandations. Tu recevais un niveau de risque et c’était à toi de prendre ta décision. Le but, c’était de donner le pouvoir au citoyen. L’IA permettait de faire une prédiction du risque d’une personne d’être infectée. Avec l’API d’Apple et Google, l’utilisation est plus simple. Tu acceptes les conditions et tu actives le Bluetooth et tu reçois une notification si tu as rencontré quelqu’un qui est positif » déclare Vincent Martineau le porte-parole de Mila.

L’application COVI a été conçue par des experts en épidémiologie, en médecine, en psychologie et en intelligence artificielle. Or, depuis plusieurs semaines, des inquiétudes sur la protection de la vie privée et la gestion des données ont été soulevées par des spécialistes.

L’ÉPINEUSE QUESTION DE LA GESTION DES DONNÉES

Mila a été critiqué pour vouloir stocker ces données dans une OBNL liée à l’Institut et pilotée par deux ex-juges, pourtant garantes de l’indépendance de la structure, Louise Arbour et Louise Otis. Vincent Martineau tient à souligner que « l’ensemble du projet était à but non-lucratif. Nous, notre approche est académique. Yoshua a commencé par un projet de recherche en avril, et on a même travaillé en collaboration avec le Fédéral au début. Il y a eu une levée de boucliers assez forte sur la question de la gestion des données. Elle est légitime, mais si vous regardez bien cela concerne n’importe quelle autre application qu’on a toutes et tous sur nos téléphones et pas que COVI… »

Nous avons tenté de contacter Shopify pour en savoir plus sur “Covi Shield”. Aucune réponse pour l’instant. Si Ottawa fait donc le choix d’une appli conçue par la plate-forme d’e-commerce canadienne, il faut savoir comme mentionné au début de cet article, qu’elle repose sur la technologie mise en place par Google et Apple et est décrite sur le site, comme «un outil privé, sécurisé et facile à utiliser pour aider les gouvernements à lancer leurs propres systèmes de notification d’exposition». 

Pas d’annonce officielle pour le moment

Pour le moment, le gouvernement n’a fait aucune annonce officielle quant au choix définitif de cette application.

« C’est forcément politique. Le gouvernement fédéral va faire le choix d’une application qui rassemble le plus de personnes. Les gens voyagent d’une province à l’autre » souligne Vincent Martineau.

Sans la validation du fédéral, que va devenir COVI alors ?

« On va finir l’application et publier le code. Au niveau recherche, ça a beaucoup de valeur pour Mila. On est content d’avoir alimenté la discussion et le débat. Le gouvernement du Québec ne s’est pas encore prononcé. Nous attendons, mais à partir du moment ou le fédéral écarte COVI, le provincial devrait suivre. Au niveau de la santé publique, c’est préférable d’avoir une application » conclut le porte-parole de Mila.

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