LE GÉANT BEHAVOX CONTINUE DE GRANDIR

LE GÉANT BEHAVOX CONTINUE DE GRANDIR

L’entreprise Behavox, spécialisée en IA, investit 35 millions de dollars pour un deuxième bureau à Montréal, situé à la Maison Manuvie. 

Le fondateur et PDG Erkin Adylov déménage également dans la métropole québécoise. Il promet d’y faire oeuvrer près de 400 professionnels dans le domaine de l’intelligence artificielle d’ici 2021. Ce deuxième espace à Montréal deviendra un centre opérationnel d’envergure, alors que le Quartier général se situe toujours dans la ville de New York. 

“On ne vend pas nos produits à des petites entreprises familiales”

  • Erkin Adylov, PDG de Behavox

Behavox développe notamment des programmes d’apprentissage machine de type NLP (analyse naturelle du langage). Les produits coûtent en moyenne 500 000$. Ceux-ci sont vendus à des minières (comme Anglo American) et des pétrolières. Behavox compte également des grandes banques dans sa clientèle, dont SoftBank. Le géant japonais, client particulièrement satisfait, a récemment investi 100 millions $ dans la plateforme d’Erkin Adylov. L’ancien analyste chez Goldman Sachs reste actionnaire majoritaire de Behavox avec quelques employés clés de l’entreprise. 

Think Big Data

Les solutions virtuelles proposées documentent et analysent toutes les communications intra-entreprises: courriels, appels téléphoniques, mémos, notes de calendrier, tout. Les tâches redondantes des équipes de ventes, comme les rappels et les relances, sont automatisées. 

“C’est comme un Google pour les données personnelles”, explique Erkin Adylov. “Sauf qu’avec Google, tu lances ta recherche en fonction de mots-clés. On ne peut pas détecter la corruption en écrivant le mot “corruption” dans une barre de recherche. Avec Behavox on peut chercher des comportements.”

Le vendeur vantard direct au plumard 

Les communications sont analysées par l’algorithme, afin de détecter tout type de harcèlement, abus de pouvoir, corruption ou pot-de-vin. Cette surveillance se base sur le principe que ce qui ne pourrait pas être toléré dans la salle à manger d’un bureau physique n’a pas non plus sa place dans les corridors virtuels de la compagnie. 

Ces types d’algorithmes suscitent l’intérêt du secteur bancaire, qui cherche à contrecarrer les fuites et détecter les menaces internes. Parmi ses fonctionnalités, les algorithmes de Behavox ciblent la vantardise ou l’arrogance. Le “boasting” serait un indicateur fiable de mauvaise action préalable. Les vendeurs qui se félicitent d’avoir extirpé davantage d’argent qu’il n’en était nécessaire auprès d’un.e client.e pourraient ainsi être détectés par l’algorithme, et ensuite référés à l’équipe managériale. 

L’équipe de Behavox a développé près de 70 programmes similaires, qui passent entre autres par l’analyse de comportement pour détecter la fraude ou autre activité criminelle. 

La satisfaction de la clientèle est également mesurée en temps réel par les algorithmes, scannant courriels, chats, conversations téléphoniques et tout autre data en temps réel pour s’assurer qu’une expérience négative ne mène pas à une critique désastreuse sur les réseaux sociaux. 

L’analyse de sentiments à posteriori, fonctionnalité propre au NLP, ne semble pas intéresser Behavox. “Quand c’est sur les réseaux sociaux, il est déjà trop tard,” juge Erkin Adylov. “Il faut intervenir pour améliorer l’expérience client alors qu’elle est en train de se dérouler.” 

Bientôt coté en bourse? 

Avec le soutien de SoftBank, des revenus qui ont augmenté de 130% en 2019 et un nouveau centre d’expertise montréalais prêt à être pleinement déployé, l’entreprise a effectivement le vent dans les voiles. Au téléphone, le fondateur estime qu’une offre publique initiale serait possible dans trois ans. Il s’agirait presque d’une évidence, puisque le Président Erkin Adylov targue  Behavox comme étant “la première entreprise mondiale en intelligence artificielle”, générant peut-être un signal d’alarme dans son propre algorithme, qui sait.

Crédit Photos : Behavox

 

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