UTILISER L'IA POUR PRÉDIRE LA PROGRESSION D'UNE MALADIE NEURODÉGÉNÉRATIVE

UTILISER L'IA POUR PRÉDIRE LA PROGRESSION D'UNE MALADIE NEURODÉGÉNÉRATIVE

Une intelligence artificielle, mise au point à l’Université McGill, permet de prédire quels patients parmi ceux qui présentent un trouble cognitif léger sont susceptibles d’être atteints d’Alzheimer ou de démence dans les cinq prochaines années.

Une équipe de chercheurs menée par Mallar Chakravarty, spécialiste en neurosciences computationnelles à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas de l’université McGill, a mis au point un algorithme d’apprentissage profond capable de reconnaître les premiers signes d’une détérioration cognitive menant à la maladie d’Alzheimer. Cette IA apprend à partir de signatures d’imagerie par résonance magnétique (IRM) et de données cliniques et génétiques. En effet, lors d’une étude récente, des chercheurs de l’Université McGill ont constaté que la présence et l’intensité de l’atteinte comportementale légère chez des sujets par ailleurs en bonne santé cognitive étaient étroitement associées à la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau, signe d’appel de la maladie d’Alzheimer. L’algorithme apprend donc à reconnaître ces plaques amyloïdes via un procédé de reconnaissance d’image.

Permettre une prise en charge plus précoce

« Pour l’instant, on dispose de peu de moyens pour traiter la maladie d’Alzheimer , les données les plus solides concernent la prévention. Nos algorithmes pourraient s’avérer d’une aide précieuse pour les cliniciens, en permettant une prise en charge plus précoce. Par exemple, le changement des habitudes de vie pourrait retarder l’arrivée des premiers stades de la maladie d’Alzheimer, voire prévenir l’apparition même de la maladie », explique Mallar Chakravarty.

Publiés dans la revue PLOS Computational Biology, les résultats s’appuient sur des données de l’Alzheimer’s Disease NeuroImaging Initiative. L’IA a ainsi été entraînée sur les données de plus de 800 volontaires composés de seniors en bonne santé, de personnes affichant un déficit cognitif léger et de patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Ils ont ensuite reproduit leurs résultats sur un échantillon indépendant issus de l’Australian Imaging and Biomarkers Lifestyle Study of Ageing. « Nous sommes en train de tester la précision des résultats à l’aide de nouvelles données. Cela nous aidera à affiner les prédictions et à déterminer s’il est possible de faire des projections encore plus loin dans le futur », explique Mallar Chakravarty.

Selon la Société Alzheimer du Canada, plus de 125 000 personnes au Québec sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, ou une maladie apparentée, et le nombre de personnes atteintes d’un trouble cognitif augmentera de 66 % d’ici 15 ans. La maladie d’Alzheimer, forme de démence la plus courante, serait en cause dans 60 à 70% des cas. Il n’existe actuellement aucun traitement efficace contre cette maladie.

La prévention reste donc la meilleure arme pour lutter contre ces dégâts : « En s’attaquant à l’Alzheimer 5 ou 10 ans avant son arrivée, on pourrait éliminer plus de 50 % des cas à travers le monde en une génération. […] C’est une maladie du vieillissement et les gens vont simplement mourir d’autres choses » argumente le Dr. Judes Poirier, chercheur à l’Université McGill.

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