MEDICAGO FAIT ÉQUIPE DANS LA COURSE AU VACCIN

Medicago planche sur un projet de vaccin candidat contre la COVID-19, en partenariat avec GSK et Dynavax. Ces sociétés pharmaceutiques décident de combiner leurs technologies pour contrer le nouveau coronavirus.

Medicago est une société biopharmaceutique québécoise qui produit des particules pseudo-virales (PPV) par incubation dans des plantes. Quant à GSK et Dynavax, ce sont des entreprises pharmaceutiques de production de vaccins. Medicago a décidé de travailler avec ces deux compagnies au développement d’un vaccin candidat contre la COVID-19. Un partenariat qui met en lumière des acteurs majeurs. 

Une approche collaborative novatrice

D’un côté, Medicago produit des PPV du Coronavirus recombinants (PPVCo), comme une « imitation » sans danger du gène du virus SRAS-CoV-2, causant la maladie COVID-19. Les particules pseudo-virales (PPV) sont des structures multiprotéiques reproduisant l’organisation et la conformation de virus natifs authentiques, elles sont donc reconnues facilement par le système immunitaire. Comme elles ne comportent pas de matériel génétique viral, elles sont non infectieuses et incapables de se reproduire. C’est-à-dire qu’elles induisent une réponse immunitaire avec anticorps comme dans le cas d’une infection naturelle mais sans danger pour la personne vaccinée.

L’innovation de Medicago vient du fait que ces PPV sont « fabriquées » par des plantes, qui agissent comme des « mini-usines » de virus modifiés. Contrairement aux vaccins traditionnels qui sont souvent incubés dans des oeufs de poules. Comme les plantes produisent très efficacement des protéines de complexité variable, elles servent de bioréacteurs pour les vaccins et les protéines thérapeutiques. L’avantage de cette production est qu’elle élimine le risque de mutation et de contamination tout en accélérant sensiblement la cadence de production. Ces plantes poussent dans des serres assistées par intelligence artificielle.

« On va mesurer la présence de 10 000 à 15 000 molécules dans le phloème et on va coupler ça avec la luminosité, les nutriments qu’ils donnent aux plantes, la température, l’âge de la plante. Ça va générer une grande quantité de données, puis on va utiliser nos algorithmes d’apprentissage machine pour les digérer » explique le professeur Jacques Corbeil, chercheur au département de médecine moléculaire du CHU de Québec-Université Laval et directeur du projet chez Medicago.

De l’autre côté, GSK apporte son système adjuvant à usage pandémique. C’est une substance administrée en même temps que l’antigène afin d’augmenter la réponse immunitaire du corps. L’adjuvant permet une meilleure production d’anticorps contre l’antigène et qui dure plus longtemps. L’utilisation d’un adjuvant peut revêtir une importance particulière en situation de pandémie, car elle pourrait amplifier la réponse immunitaire et réduire la quantité d’antigène requis dans chaque dose, permettant ainsi de produire plus de doses du vaccin.

Pour maximiser ses chances de succès, Medicago compte également tester une version de son vaccin contenant un adjuvant de la compagnie californienne Dynavax. L’adjuvant en question, le CpG 1018, entre déjà dans la composition d’un vaccin contre l’hépatite B pour adultes qui est approuvé aux États-Unis. Les résultats précliniques montrent que le vaccin candidat PPVCo de Medicago est associé à un taux élevé d’anticorps neutralisants après l’administration d’une seule dose avec adjuvant.

Les premiers essais cliniques sont prévus pour la mi-juillet. S’ils sont concluants, le vaccin candidat devra ensuite être approuvé par les autorités sanitaires. Medicago dont le siège social est à Québec et ses partenaires espèrent dans le meilleur des cas commercialiser le vaccin au cours du premier semestre 2021.

Crédit Photo : Medicago

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