"IL ÉTAIT TEMPS !" - ENTRETIEN AVEC NATHALIE HAMEL, PREMIÈRE DG DU CENTRE JACQUES CARTIER

"IL ÉTAIT TEMPS !" - ENTRETIEN AVEC NATHALIE HAMEL, PREMIÈRE DG DU CENTRE JACQUES CARTIER

Un vent de changement souffle sur le Centre Jacques Cartier. Nathalie Hamel prend les rênes de l’organisme. La scientifique québécoise devient la première femme à être nommée à ce poste depuis la création du CJC en 1984. 

Après un riche parcours professionnel à l’étranger, c’est donc le moment de revenir à Montréal pour Nathalie Hamel. La scientifique a occupé des postes prestigieux en France, au Japon, au Qatar, ou encore aux États-Unis. Et notamment, celui de Directrice de l’Unité support de l’Agence Nationale de la Recherche au sein de IFP Energies nouvelles (IFPEN) en France. Cette nouvelle fonction va lui permettre de lier ses « deux régions de cœur », la France et le Québec. La mission du Centre Jacques Cartier est en effet d’optimiser une dynamique de réseau liée à l’innovation, entre ces deux partenaires, mais aussi Ottawa. L’entité stimule la collaboration entre les acteurs et les décideurs économiques, scientifiques, académiques, culturels et institutionnels des deux côtés de l’Atlantique. CScienceIA a voulu en savoir plus sur le nouveau défi qui attend Nathalie Hamel. Entretien.

VOUS ÊTES LA PREMIÈRE FEMME À ÊTRE NOMMÉE À LA TÊTE DU CENTRE JACQUES CARTIER, VOS IMPRESSIONS ?

” Je crois que ma première réaction, ça a été: « Il était temps ! ». C’est un milieu assez masculin […]. Je pense que nous avons une approche différente, et j’en suis plutôt heureuse.”

LE CENTRE JACQUES CARTIER EST-IL EN TRAIN DE SE FÉMINISER DAVANTAGE ?

” Au CJC, nous avons une organisation opérationnelle qui est plutôt féminine, avec une équipe de jeunes dynamiques, et puis il y a les comités et les fondations. Pour les comités, on essaie d’atteindre une certaine parité, mais il y a encore du travail à faire. Il y aura un renouvellement, normalement à partir de septembre, parce qu’on est en train de travailler sur une nouvelle stratégie. On va s’orienter vers plus de parité et de diversité. Je pense que c’est important de refléter un peu plus la société dans laquelle on évolue.”

QUELS SONT LES PREMIERS CHANGEMENTS QUE VOUS DÉSIREZ APPORTER AU CENTRE JACQUES CARTIER ?

” J’aimerais surtout que l’on s’efforce d’aller vers une logique d’innovation partagée, d’innovation ouverte. C’est-à-dire, d’arriver à générer des projets de recherche qui mobilisent à la fois les nouveaux acteurs comme les start-ups, les PME, avec des sociétés de transfert, des laboratoires privés ou publics. Il est important aussi de travailler sur les enjeux de société, de voir comment on peut nourrir les approches et les visions des experts de la société civile.”

QUELLE PLACE DÉSIREZ-VOUS LAISSER À L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ?

” L’année passée, il y avait une thématique forte sur l’intelligence artificielle, et cette année, elle est là aussi. On a un projet en intelligence artificielle qui sera présenté dans le colloque au mois de novembre, et on l’a aussi un peu en filigrane à travers plusieurs autres initiatives. L’écosystème de l’IA au Québec est en pleine expansion. Les joueurs en IA ici sont très créatifs, mais également des pionniers sur beaucoup d’idées.”

EN QUOI CONSISTERA LE COLLOQUE SUR L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ?

” Ce sera un forum sur la régulation de l’intelligence artificielle. On y retrouvera l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne en France, l’Université d’Ottawa au Canada, mais également d’autres invités. Il s’agira d’une journée de dialogue transatlantique, transdisciplinaire et multisectoriel sur les enjeux de la gouvernance et de la régulation de l’intelligence artificielle. La programmation détaillée avec tous les colloques sera annoncée début septembre.”

À noter que l’événement-phare du CJC, les “Entretiens Jacques Cartier”, fera peau neuve cette année. Pandémie oblige, le grand rendez-vous francophone France X Québec X Ottawa, qui devait avoir lieu en novembre en France, passera en mode virtuel cette année. Avec au programme, de nombreuses conférences et toujours autant d’opportunités de réseautage. L’événement en présentiel en France est ainsi reporté au printemps 2021.

Crédit Photo : Centre Jacques Cartier

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