Quand l’IA réduit les dégâts dans les conteneurs

L’univers du transport maritime reste méconnu et pourtant il est bien présent dans notre quotidien. Il faut savoir qu’en moyenne, les trois quarts des objets et matières premières que nous consommons ont été transportés par cargos. Or, 20% des conteneurs seraient endommagés pendant le trajet. Pour que les marchandises arrivent dans les meilleures conditions possibles, une dose d’intelligence artificielle peut parfois s’avérer bien utile.

Canscan est une start-up qui s’est donné comme mission d’optimiser les processus de manutention et d’inspection des conteneurs de marchandises. Son objectif: évaluer et prévenir les dégâts qui peuvent arriver durant leur voyage. Et ce, grâce à l’aide de systèmes de reconnaissance visuelle basés sur l’IA. 

Un outil qui permet une inspection plus précise 

L’outil est conçu pour capter les images via les caméras déjà existantes dans les infrastructures portuaires, de les analyser à l’aide d’algorithmes. Lorsqu’un conteneur est endommagé ou jugé non conforme, il est immédiatement détecté. Le système permet ainsi au processus d’inspection d’être plus objectif, plus détaillé et de réduire les erreurs. 

« L’intelligence artificielle est la seule technologie qui permette de faire ce genre d’analyse en temps réel, tout en offrant des résultats fiables. Cette technologie s’adapte à divers environnements. Elle est souple. Ce qui pour nous est essentiel, car nous souhaitions ne pas trop perturber l’industrie du transport maritime. Notre devise est que notre technologie s’adapte à leur infrastructure existante », nous explique Jennifer Ivens, la fondatrice de Canscan.

Cela peut paraître anodin, mais les conteneurs défectueux peuvent gravement impacter l’état des marchandises à l’intérieur. Une porte endommagée, de la rouille qui crée des trous dans la paroi, peuvent entrainer des retards de livraison ou des pertes de marchandises. Cela peut coûter très cher aux compagnies. Ces pertes représentent un enjeu majeur dans le commerce international. La solution mise au point par CanscAn cherchera aussi à prédire le taux de dégradation des conteneurs afin de pouvoir mieux planifier leurs réparations. Cela pourrait contribuer à éviter des dommages qui, à leur tour entraînent des accidents et des pertes de biens. 

Innover dans un secteur traditionnel

La jeune pousse doit faire face à un défi de taille, celui d’innover dans un milieu plutôt traditionnel et conservateur. Avant de fonder Canscan, Jennifer Ivens a travaillé plusieurs années pour un grand transporteur maritime. Passionnée par la technologie et l’innovation, elle proposait des idées d’innovation mais elle trouvait difficile de les faire accepter au sein de cette entreprise active à l’international. Pressée d’obtenir des résultats et consciente qu’il y avait une véritable occasion d’affaires dans ce domaine, elle a démissionné pour créer son entreprise. Un conseil pour les femmes qui veulent se lancer en affaires dans ce milieu ?

« Il ne faut pas s’attarder trop sur le fait que vous êtes une femme. Il faut tout simplement foncer. Ne tombez pas dans le piège du syndrome de l’imposteur. Si certains vous disent que vous avez remporté un concours ou avez été sélectionnée pour un prix prestigieux seulement car vous êtes une femme, dites-leur que ce n’est pas du tout le cas. Vous avez le même mérite que tous les autres entrepreneurs », souligne Jennifer Ivens.

Depuis deux ans, elle pilote Canscan d’une main de maître. L’entreprise fait notamment partie du programme “Propulsion” du Centech, incubateur de l’ÉTS. Lauréate du Startupfest 2019, elle a aussi décroché le Milestone Community Kickstarter Contest 2020. Elle vient récemment d’intégrer le programme d’accélération de l’incubateur ZEBOX à Marseille en France. Testé et lancé à Montréal, le dispositif est aujourd’hui déployé sur des terminaux de la côte ouest, ainsi qu’en Europe comme à Barcelone.  

 

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