FAIRE POUSSER SUR LA LUNE

FAIRE POUSSER SUR LA LUNE

Faire de l’agriculture sur la Lune, un nouveau défi hors du commun que s’est lancé La Boîte Maraîchère, membre de la Zone Agtech, spécialisée en culture hors-sol verticale depuis 4 ans.

La spécialité de La Boîte Maraîchère, c’est avant tout une agriculture en milieu intérieur contrôlé, en l’occurence des conteneurs maritimes récupérés, avec la plus petite empreinte environnementale possible, sans pesticides et avec des produits frais toute l’année.

« Nous produisons essentiellement des légumes feuilles tels que les laitues ou les fines herbes, mais aussi quelques variétés moins fréquentes comme la fraise, le concombre ou encore le poivron. Il faut voir ce mode de culture COMME un projet LEGO où les LEGO sont des conteneurs, utilisés pour certains en unités de production, d’autres pour faire des tâches plus communes comme le nettoyage, la désinfection ou en encore les récoltes, certains vont héberger la zone mécanique, la pépinière ou la salle des germinations. Nous agençons tous ces conteneurs ensemble, à peu près 10, pour faire un unique complexe de production qui peut produire jusqu’à 800.000 laitues par année », explique Julien Loiseau, vice-président et co-fondateur de la société. 

L’idée est de rendre les complexes de conteneurs aussi autonomes que possible, tant au niveau des intrants, tels que les fertilisants, qu’au niveau de l’automatisation. La prochaine étape étant l’intégration de procédés guidés par l’IA et des algorithmes pour un suivi permanent de l’état des cultures.

CE QUI INTERESSE LA NASA

Julien Loiseau et son équipe ont découvert qu’ils pouvaient utiliser leurs fertilisants pour tuer les maladies racinaires, [des plaies au niveau de la racine de la plante], qui altèrent sa productivité, jusqu’à mener à la mort de la culture au complet. « Nous sommes les premiers au monde à le faire. Nous avons trouvé cette solution sans avoir à passer par l’usage de pesticides, chose très importante pour nous. Et quand les chercheurs de l’Université McGill avec qui nous travaillons ont appris cela, que l’on avait réussi à faire ce grand tour de main, ils nous ont dit : « Vous savez que la NASA cherche des technologies comme celle-ci pour l’agriculture dans l’espace ». Ils nous ont recommandé et la NASA nous a contacté », raconte-t-il.

DÉVELOPPER UN SYSTÈME EXPORTABLE SUR LA LUNE

Lorsque la NASA propose à La Boîte Maraîchère d’assister à un atelier sur l’agriculture en milieu extraterrestre, « nous nous sommes rendus compte qu’on avait plusieurs choses à leur proposer », témoigne Julien Loiseau.

« Aujourd’hui nous travaillons davantage avec l’Agence spatiale canadienne (ASC), la NASA ayant des ententes avec certains de nos compétiteurs aux États-Unis, mais L’ASC a pour objectif de prendre en charge tout le système alimentaire sur la Lune, qui est l’un des quatre projets menés par la NASA avec le projet d’alimentation sur Mars par exemple », ajoute-t-il. 

Membre d’un collège de 15 experts à travers le Canada, chargé de faire avancer le projet qui peut prendre plusieurs années, l’équipe de La Boîte Maraîchère travaille à l’exportation sur la Lune de leurs technologies déjà développées sur Terre. « L’idée est d’accélérer le développement des technologies développées dans nos conteneurs pour permettre une agriculture toujours plus saine, toujours plus écologique et à l’épreuve des intempéries, des changements climatiques sur Terre pour trouver la bonne méthode sur la Lune. Évidemment il va falloir s’adapter à un nouvel environnement donc il faut trouver le système le plus stable possible et exportable ».

L’AGRICULTURE COMME REMÈDE À LA SOLITUDE DES ASTRONAUTES

Toujours dans un souci d’accélération des processus de robotisation et de mécanisation, guidés par un système d’IA et d’algorithmes, l’idée pour Julien Loiseau est de faire de l’agriculture avec le minimum d’actions humaines, jusqu’à même remplacer l’être humain. « Mais il est toutefois parfois désirable, selon les variétés ou les espèces cultivées, qu’il y ait de l’action humaine », nuance le co-fondateur. 

Une des préoccupations soulevées d’ailleurs à plusieurs reprises par la NASA selon Julien Loiseau. Il serait bénéfique aux astronautes de travailler avec le vivant. « Ça change de la solitude, des milieux confinés. Travailler sur des plants de tomates par exemple, où ils pourraient faire la récolte, ça peut être quelque chose de très sain. Donc c’est là-dessus qu’on va décider le degré d’automatisation, par rapport aux types de plantes mais aussi en fonction des besoins sociaux ».

Pour l’heure, l’espoir de goûter une tomate qui proviendrait directement de l’espace lunaire paraît encore bien lointain.

L’année dernière, la première tentative humaine de croissance biologique sur la surface de la Lune s’est soldée par un échec avec une pousse de coton qui n’a jamais fleuri.

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