LA RECHERCHE MONTRÉALAISE A LES YEUX DANS LES ÉTOILES

LA RECHERCHE MONTRÉALAISE A LES YEUX DANS LES ÉTOILES

La rigidité de l’œil serait un facteur de risque du développement de problèmes oculaires des astronautes lors des voyages spatiaux. La Nasa et l’Agence spatiale canadienne collaborent avec un chercheur montréalais qui a développé une nouvelle méthode de mesure de la rigidité oculaire afin d’assurer la sécurité de ses astronautes.

Près de 60 % des astronautes présents sur des voyages spatiaux de plus de deux semaines développent des problèmes de vision.

L’absence de gravité prolongée induit chez les astronautes une déformation de leur globe oculaire, pouvant conduire à de l’hypermétrie, des décollements de la rétine ou une enflure du nerf optique.

Ces symptômes se résorbent pour une partie des astronautes, mais certains gardent des séquelles nuisant à  leur vision.

DÉVELOPPÉ AU QUÉBEC

Santiago Constantino, chercheur de l’Université de Montréal et de l’hôpital Maisonneuve Rosemont, a développé une méthode non invasive permettant de déterminer la rigidité de l’œil.

La Nasa s’intéresse à cette méthode afin de prédire la résistance des astronautes à la déformation oculaire. Cette technologie fait appel au traitement avancé de l’image, un procédé qui requiert souvent l’analyse de données et l’intelligence artificielle.  

En 1937, un chercheur en médecine, M. Friedenwald, a de manière empirique, déterminé la relation liant la rigidité de l’œil à sa pression et son volume. Ainsi, il est possible de mesurer la rigidité de l’œil de manière invasive en injectant un composé aqueux dans l’œil pour changer son volume et sa pression et en déduire sa rigidité.

La technique mise au point récemment par M. Constantino consiste à utiliser la circulation sanguine changeant naturellement le volume présent dans l’œil plutôt que d’avoir recours à une injection. L’imagerie en tomographie par cohérence optique permet d’imager la choroïde, la couche la plus vascularisée de l’œil, afin de déterminer le changement du volume de sang dans l’œil.

En mesurant avec un tonomètre Pascal la pression oculaire de manière dynamique, il est alors possible de déterminer la rigidité de l’œil. Cette technique, non invasive, peut démocratiser la mesure de la rigidité de l’œil à condition de trouver sur quelles maladies elle influe.

M. Constantino a développé à l’origine cette technique pour le suivi du glaucome, une maladie dégénérative du nerf optique. En effet, la flexibilité de l’œil pourrait être un des facteurs de risque de cette maladie. Elle pourrait aussi être utilisée pour l’étude de la dégénérescence maculaire et la myopie.

SUIVI DES ASTRONAUTES

M. Constantino va se rendre à Houston, au siège de la Nasa, afin de suivre 13 astronautes.

Une mesure de rigidité sera faite avant un voyage spatial en orbite de 6 mois pendant lequel les yeux des astronautes seront surveillés.

À leur retour une seconde mesure de leur rigidité oculaire sera effectuée puis un bilan ophtalmologique et un suivi de trois mois sera mené pour détecter les astronautes ayant développé des complications permanentes.

Il sera alors possible de clairement déterminer le lien entre rigidité oculaire et résistance aux voyages en apesanteur.

Cette étude est d’autant plus intéressante que les voyages spatiaux de longue durée risquent d’être de plus en plus courants avec comme ligne de mire une base permanente sur la lune ou encore la conquête de Mars.

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