Mobilité intelligente : le Uber du transport en commun reçoit un coup de pouce du MEI

Avez-vous remarqué que les sociétés de transport en commun font rouler des autobus vides, surtout depuis le début de la pandémie? Une entreprise québécoise veut que l’on s’adapte mieux aux baisses de fréquentation en développant le transport collectif à la demande.

Peu avant Noël, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon a procédé à une série d’annonces régionales issues des appels de projets 2019-2020 pour améliorer la compétitivité des entreprises par l’adoption de l’IA.

En Montérégie, six entreprises se partagent ainsi 255 000$ pour réaliser leurs projets d’intelligence artificielle. Parmi celles-ci, la jeune pousse Blaise Transit, de Saint-Hubert, a reçu une subvention de 25 000$ du MEI pour aider les sociétés de transport à optimiser leurs opérations.

L’idée de base transformerait la logistique et l’organisation des transports collectifs telles que nous les connaissons. Au lieu d’avoir des lignes d’autobus avec des horaires fixes, la plateforme logicielle universelle adapterait le service en fonction de quand et deles gens veulent aller.

 


Crédit Photo : stevenwright, Autobus sur la route à Montréal

Fondée en 2018, Blaise Transit veut incorporer l’IA pour améliorer la performance des algorithmes qui optimiseraient, en temps réel, des centaines et des milliers de trajets. L’IA permettrait aussi de calculer les meilleures routes en utilisant les données disponibles. Tout cela, pendant que les autobus bougent et que les gens entrent leur demande de transport!

Le projet ambitionne spécifiquement d’utiliser l’apprentissage par renforcement dans les systèmes multiagents pour créer des services d’autobus qui répondent à la demande.

« Notre deuxième enjeu technologique est d’utiliser l’historique pour prévoir la demande future en se basant sur les données historiques fournies par une société de transport », vulgarise le PDG et cofondateur Justin Hunt.

En langage scientifique, il s’agit de prédire la demande spatiotemporelle dans un contexte de problème de tournées de véhicules dynamiques et d’intégrer la capacité prévisionnelle au sein d’algorithmes de routage en temps réel.

Le premier déploiement de cette solution est prévu au cours des prochaines semaines, sur le réseau de transport en commun de la grande île, peu peuplée, de Manitoulin en Ontario.

5 SOCIÉTÉS DE TRANSPORT INTÉRESSÉES

Les services d’autobus sur demande sont actuellement à l’étape des études de faisabilité avec les Sociétés de transport de Laval (STL) et du Saguenay (STS) au Québec.

Justin Hunt a grandi sur la Rive-Sud et il souligne que le Réseau de transport de Longueuil (RTL) a été la plus grande motivation derrière la création de son entreprise.

« Nous avons travaillé notre relation, mais le RTL n’est pas encore monté à bord comme client, déplore-t-il. Par contre, 5 autres Sociétés de transport sont intéressées par des projets pilotes et les annonces se feront sous peu. Nous visons 10 villes d’ici la fin de 2021. On nous compare parfois au service d’Uber, mais pour le transport en commun. » – Justin Hunt

FINANCEMENT PUBLIC : EN FAIT ON ASSEZ ?

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation a annoncé le financement de 143 projets d’entreprises québécoises dans le domaine de l’intelligence artificielle en décembre.

Dans les faits, seulement 572 000$ sur 23,8 millions de dollars prévus au budget 2019-2020 sont allés en aide directe aux entreprises en démarrage accompagnées par un incubateur. La part du lion, soit 19,2 millions $ a été versée à des regroupements d’entreprises pour des initiatives avec des centres de recherche ou des universités.

Le responsable des relations médias au ministère de l’Économie et de l’Innovation explique que :

« Pour faciliter le développement de solutions, les maillages sont encouragés entre les entreprises qui développent des solutions et les entreprises qui veulent les utiliser. Ces maillages sont pilotés par les regroupements sectoriels de recherche industriels qui collaborent à la mise en œuvre de l’appel de projets.» Jean-Pierre D’Auteuil 

Que pense Justin Hunt du montant de 25 000$ qu’on a accordé à son entreprise ?

« Si on pouvait avoir plus, ce serait mieux, mais on apprécie. En complétant avec du financement privé et nos premiers clients, ça nous permet d’engager deux chercheurs en IA pour développer notre plateforme ».

Il faut, selon lui, que le Québec continue de financer le développement de vraies innovations : pas juste le développement de logiciels ou d’applications mobiles.

« C’est important d’utiliser ‘’the state of the art’’, dit le jeune entrepreneur, pour intégrer la science dans la vraie vie avec des innovations technologiques. C’est ce qui donne naissance à de nouveaux services, comme le nôtre. Nous remettons ensuite la mobilité intelligente au service des villes. » – Justin Hunt

Est-ce qu’on en fait assez pour développer le secteur de l’IA à la hauteur du potentiel de son écosystème au Québec, avons-nous demandé au MEI ?

Afin de créer une masse critique d’entreprises innovantes, le gouvernement fonde beaucoup d’espoir dans la Société de valorisation et de transfert du Québec. Cette nouvelle structure devrait, selon le ministère, « accélérer  le développement, la commercialisation et le transfert d’innovations à haut potentiel issues de la recherche publique »

« Elle pourra lier les projets de recherche à la chaîne des capitaux et à attirer des investisseurs afin qu’ils soutiennent des innovations à fort potentiel de croissance. À cet effet, ajoute M. D’Auteuil, un fonds d’investissement de préamorçage consacré spécifiquement à la commercialisation des innovations issues de la recherche publique sera mis en place. Ce fonds d’investissement s’ajoutera aux sommes consacrées par les investisseurs privés, entre autres en intelligence artificielle. De plus, le gouvernement du Québec accordera du financement additionnel pour le programme de maturation technologique ».

Notez que le dépôt des prochaines demandes de subventions dont nous avons parlé dans cet article doit se faire avant le 18 janvier 2021 ou à l’avenir les 15 avril et 15 octobre. Renseignez-vous sur le site du ministère.

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