[J’ai testé pour vous] L’IA contre la crise climatique

Le Climate Crisis Hackathon (littéralement “marathon de programmation sur la crise climatique”) était organisé le weekend du 22 janvier. Au cours de l’évènement, 250 participant.e.s se sont rassemblés pour trouver des solutions aux changements climatiques à l’aide de l’intelligence artificielle (IA).

VIVE LA DIVERSITÉ!

Le hackahton était organisé par AI Launch Lab, un organisme sans but lucratif cherchant à former des professionnel.le.s en intelligence artificielle et plus globalement, à démocratiser cette technologie à travers le Canada. Toutes leurs initiatives mettent un accent particulier sur la diversité, la collaboration et l’éthique. Notamment, plus de 75% des participant.e.s au Climate Crisis Hackathon faisaient partie de groupes sous-représentés en technologie. 

L’IA À LA RESCOUSSE DES ABEILLES

Au cours de la fin de semaine, les participant.e.s devaient tenter de relever un des 9 défis proposés. Chacun des défis était présenté par un expert dans le domaine. Notamment, la présentation de Chris Adam, coordonnateur des initiatives de développement durable au Collège Dawson, m’a particulièrement interpellée. Le défi qu’il proposait consistait à bâtir un modèle pour prédire l’activité des abeilles, basé entre autres sur des données météorologiques.

Par exemple, il a été démontré que des périodes de sécheresse peuvent diminuer la capacité des abeilles à récolter le nectar des fleurs. Aussi, les vagues de chaleur augmentent le parasitisme et rendent la ruche moins résiliente. Comme l’industrie de la pomme au Québec dépend entièrement des abeilles pour la pollinisation, il est dès lors primordial de comprendre les facteurs pouvant affecter la santé des abeilles.

DÉBORDEMENTS D’ÉGOUTS DANS LES VILLES CANADIENNES

Naysan Saran est titulaire d’un baccalauréat en génie informatique de Polytechnique Montréal et elle a complété une majeure en mathématiques à l’Université McGill en 2018. La jeune femme a fondé CANN Forecast, une compagnie qui propose des solutions technologiques dans le domaine de l’eau.

Mme. Saran mettait les participant.e.s au défi d’évaluer les impacts des changements climatiques sur les débordements d’égouts au Canada à l’aide d’algorithmes. Plus précisément, il s’agissait de modéliser la fréquence et l’intensité des fortes pluies et inondations et voir s’il y a une corrélation avec la qualité des eaux. Lorsqu’il y a des débordements d’égouts, les eaux usées peuvent se retrouver dans les cours d’eau…   

Dont ceux visités par la population pour les activités de plein air!

 

Système d’égout combiné. Par temps sec, tous les flux sont traités par les stations d’épuration publiques. Lors de grosses tempêtes, les eaux sont rejetées sans traitement dans un plan d’eau adjacent.

MODÉLISATION ÉNERGÉTIQUE DANS LES COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES 

Eryn Stewart et Ricky-Lee Watts font partie de Indigenous Clean Energy, une initiative dédiée à l’inclusion de la population autochtone dans le secteur énergétique. Ils ont demandé l’aide des participant.e.s pour bâtir une base de données sur l’infrastructure immobilière pour 15 communautés éloignées et autochtones du Canada afin d’appuyer les travaux de modélisation énergétique. Ces informations aideront les dirigeants de ces communautés à transiter du diesel vers des sources d’énergies plus propres.

PROJETS GAGNANTS

De manière générale, les équipes étaient jugées selon 3 critères : qualité du modèle, créativité et fonctionnalité. Pour chacun des défis, il existait aussi des critères particuliers. En tout, 10 juges ont examiné les projets proposés pour déterminer les gagnant.e.s.

Un des projets qui m’a particulièrement impressionnée est Coast-to-Coast. Il tire profit des forêts d’arbres décisionnels pour prédire la production annuelle de miel d’une colonie d’abeilles et la variation annuelle de sa population. Le modèle prévoit une diminution globale des deux indicateurs au cours des 8 prochaines années aux États-Unis.

« Certains de ces projets étaient parmi les meilleurs que j’aie eu l’occasion de voir. » – Mattew Chapman, mentor

DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE

La plupart des projets étaient proposés sous forme de visualisation de données et modèles prédictifs pour convaincre la population de l’urgence d’agir ou pour aider les dirigeant.e.s à prendre des décisions plus éclairées. Il reste à s’assurer que ces outils se transforment bel et bien en initiatives citoyennes et gouvernementales concrètes. Tout un défi!

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