Quand l’UNESCO fait émerger des recommandations en éthique de l’IA

La première mission de l’UNESCO est la paix entre toutes les nations. La paix par la partage du savoir. C’est donc inévitablement, un joueur clé dans l’élaboration de projets justes et équitables pour tous. Autrement dit, de projets qui respectent les Droits Humains. L’innovation en IA suscite de grands débats en lien avec le respect de ces droits fondamentaux. Que nous recommande l’UNESCO ?

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture est une branche des Nations Unies créée à la suite de la Seconde Guerre Mondiale. Elle a pour objectif de maintenir la paix, non par la force, mais au moyen du partage des connaissances.

L’Organisation a déjà entamé des initiatives démocratiques en vue de développer des recommandations en intelligence artificielle. Comme État membre, le Canada s’implique, lui aussi, en vue de poursuivre cette même mission. C’est la mise en place d’une Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle.

Le partage des connaissances doit être fluide. L’UNESCO s’évertue donc à réunir plusieurs champs d’expertise pour mieux co-construire des initiatives porteuses. Les domaines de l’éducation, de la science et de la culture sont mis à contribution pour garantir des institutions justes et équitables.

LA PAIX ET L’ÉQUITÉ AU MOYEN DU SAVOIR

L’UNESCO vise à maintenir la paix par le partage du savoir. Les trois champs d’expertise concernés sont regroupés en cinq sous-secteurs :

  1. L’éducation ;
  2. Les sciences naturelles ;
  3. Les sciences sociales et humaines ;
  4. La culture ;
  5. La communication et l’information.

Il est bon de préciser que si le maintien de l’équité et de la justice est rendu, c’est bien grâce à la Déclaration des Droits de l’Homme et la reconnaissance de la Charte des Nations Unies par et pour tous les peuples.

En dehors de ce cadre, comment peut-on imaginer co-construire ? Si une nation ne s’accorde pas avec ces principes, comment assurer une justice entre les hommes et entre les pays ? Comment co-construire dans une situation de déséquilibre entre nos valeurs ?

Alors, de concert, les cinq secteurs, doivent veiller au respect des Droits Humains au sein de toutes les populations. C’est le devoir de l’UNESCO de rendre cela possible.

 

QUELLE JUSTICE, SANS ACTION SOLIDAIRE ?

Comment pourrait-on imaginer une action juste sans équilibre ? Ce qui est juste pour l’un doit l’être pour l’autre. La justice et l’égalité s’inscrivent dans la perspective d’une vie commune que nous partageons, celle d’être des humains. On peut lire le premier article de la Déclaration pour se rappeler de tout ce qu’il contient :

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. 

Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Premier article de la Déclaration des Droits de l’Homme

L’article s’articule en deux parties. La deuxième partie est un appel à l’action consciente, raisonnable et solidaire. Elle est indissociable de la première affirmation de liberté et d’égalité. Pour jouir de leur liberté, les humains doivent agir en vue du Bien Commun. Sinon, le pacte se brise ! Et l’équilibre, on le sait, est très fragile. 

Le point de départ est le partage d’objectifs communs. Dans cette optique, les Nations Unies ont développé 17 objectifs de développement durable. À première vue, l’éducation semble être l’objectif principal à réaliser par l’UNESCO. Il s’agit de l’Objectif 4 : l’éducation pour tous. C’est effectivement par l’accès à l’éducation qu’un partage des savoirs nous est permis. 

Or, pour remplir sa mission de paix, les secteurs doivent orienter leurs objectifs vers la justice et la non-discrimination. 

« Il est, en effet, plus que temps d’accorder justice et non-discrimination. »

La justice, avant d’être organisée en lois, en codes, en préceptes est un principe universel. La paix et la construction d’institutions justes sont articulées à travers l’objectif 16

QUELLES SONT LES ACTIONS POUR RÉALISER CES OBJECTIFS ?

Des notions qui peuvent nous paraître évidentes gagnent â être revisitées. Pour notre meilleure compréhension et communication, mais aussi afin de préciser et d’outiller l’atteinte des objectifs.

Le Bien Commun

En droit, le Bien Commun est souvent confondu avec l’intérêt général. On le définit par opposition au bien particulier. Mais le Bien Commun n’est pas une possession tangible. C’est avant tout le respect de notre dignité humaine. Ce qui nous distingue des animaux.

Par ailleurs, on s’entend tous pour dire aujourd’hui que notre planète est un Bien Commun qu’il faut préserver. Pour la première fois, en 1992, des nations se sont rassemblées autour de la question du climat et de la biodiversité. C’était le Sommet de Rio : la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement

Le Bien Commun qui nous menace aujourd’hui semble être celui de notre Humanité. Plus que jamais, la technologie a un impact sur nos Droits Humains. Ces droits, c’est aussi ce qui se traduit par notre Bien Commun

Pour agir dans un esprit de fraternité

La justice et l’égalité des citoyens ne sont possibles qu’à travers des actions citoyennes. Voter, c’est un minimum, mais également prendre part aux débats qui touchent notre Bien Commun. Agir dans la co-construction d’un monde plus juste. 

L’UNESCO a lancé une Consultation Mondiale afin de récolter des recommandations pour co-construire des outils normatifs sur l’intelligence artificielle. L’Organisation s’est associée à Algora Lab et Mila pour consulter le public autour des questions éthiques que posent l’IA. Cette initiative a donné lieu au projet Open Dialogue on Artificial Intelligence (ODAI).

« Une manière d’agir avec raison et conscience dans un esprit de fraternité ! »

Du 30 mars au 30 avril 2021, l’ISDE (Innovation, Sciences et Développement économique Canada), organise des ateliers délibératifs autours de dilemmes éthiques en IA. Le groupe de travail sur la sensibilisation du public formulera des recommandations à l’intention du Conseil consultatif en matière d’intelligence artificielle du gouvernement du Canada.

C’est le projet du Dialogue ouvert: L’intelligence artificielle (IA) au Canada qui est réalisé en partenariat avec l’Algora Lab, l’Université de Montréal et le CIFAR. La population canadienne est invitée à participer à des ateliers régionaux de délibérations autour de sujets sensibles, relatifs à l’IA. Une manière d’agir avec raison et conscience dans un esprit de fraternité !

 

CONCLUSION

Dans une période où la crise des valeurs se fait plus que jamais sentir, et dans un univers qui sera de plus en plus systématisé, la parole citoyenne est essentielle. Nous devons co-construire les préceptes qui nous guideront dans l’orientation de nos innovations en IA. 

Alors que conséquentialistes et universalistes débattent ardemment des meilleures pratiques en intelligence artificielle, les organisations internationales lancent des actions citoyennes globales. Bien qu’il y aient des cas particuliers dans les applications technologiques, celles-ci doivent toutes respecter des principes universaux de justice et d’égalité. 

Le point de départ semble donc être de s’accorder avec la Déclaration des Droits de l’Homme. C’est une prémisse, dite universelle, qui sert de mesure étalon ou de pilier pour évaluer les déséquilibres tels que la discrimination systématique.

 

LIEN POUR VOUS INSCRIRE :

Dialogue ouvert : L’intelligence artificielle au Canada – Nouvelle inscription (cifar.ca)

LIENS IMPORTANTS:

Algora Lab – Algora Lab.

CIFAR.

CHARTE DES NATIONS UNIES.

Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement.

DÉCLARATION DES DROITS HUMAINS.

DIALOGUE OUVERT SUR L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

Groupe de travail sur la sensibilisation du public.

MILA.

NATIONS UNIES – 17 OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE.

NATIONS UNIES – OBJECTIF 5.

NATIONS UNIES – OBJECTIF 16.

UNESCO.

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL.

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