Quand l’IA aide à mieux se déplacer en ville

Une nouvelle chaire de recherche à HEC Montréal viendra « renforcer » l’expertise de l’institution en matière de mobilité et de logistique urbaine, afin de trouver des solutions durables pour les villes de demain.

Créée en collaboration avec la supergrappe de l’intelligence artificielle (IA) Scale Ai, cette chaire a été octroyée à Carolina Osorio, une professeure du Département des sciences de la décision de HEC.

D’une durée de 5 ans, cette bourse de recherche sera financée à la hauteur d’un million de dollars, afin de développer la recherche en IA appliquée aux chaînes d’approvisionnement.

« Avec mon équipe de recherche, nous travaillons au développement de méthodes de modélisation et d’optimisation pour la conception de systèmes urbains de logistique et de mobilité durables. Ceci inclut la réduction de la consommation de carburant, la réduction des émissions véhiculaires, et l’amélioration de l’accessibilité des systèmes de mobilité », explique la chercheuse.

Plus spécifiquement, Mme Osorio souhaite développer « des techniques de modélisation et d’optimisation qui combinent des idées issues de l’IA et de la science des transports » dans le but de « concevoir des outils capables de s’attaquer au type de problèmes d’optimisation complexes et de grande dimension auxquels les praticiens sont confrontés ».

LA SIMULATION POUR TROUVER DES SOLUTIONS

Ainsi, celle-ci espère concevoir des algorithmes d’optimisation basés sur la simulation détaillée des villes ou de chaînes d’approvisionnement. Les problématiques du transport en commun, de l’autopartage et de l’optimisation des trajets pour le transport de marchandises pourraient toutes être explorées dans le cadre de sa recherche.

Au-delà de l’aspect académique, les découvertes effectuées par Mme Osorio et son équipe auront sans doute des applications concrètes. C’est du moins ce que cette dernière souhaite, la collaboration avec les instances publiques et privées faisant partie de son mandat.

« Je suis très enthousiaste à l’idée de mener des projets qui rassemblent ces deux types de parties prenantes, pour aider à concevoir des solutions qui profitent à la fois à la société dans son ensemble et aux entreprises individuelles », indique la professeure.

Effectivement, ce maillage entre les experts et le milieu entrepreneurial est un critère important à la création d’une nouvelle chaire, souligne Caroline Aubé, directrice de la recherche et du transfert pour HEC Montréal.

« On valorise beaucoup la recherche appliquée et le développement des connaissances sur le terrain. De plus, la plupart des entreprises avec lesquelles nous sommes portés à collaborer sont québécoises » – Caroline Aubé, directrice de la recherche et du transfert à HEC Montréal

Évidemment, le fait que les travaux de Mme Osorio auront aussi des retombées positives en développement durable est un aspect qui a incité la direction de HEC à délier les cordons de sa bourse.

« Ce sont des solutions que nous voulons promouvoir. Les efforts pour mener à la réduction des gaz à effet de serre, c’est le genre de recherche qui est importante pour HEC », insiste Mme Aubé.

LE VOLET IA PRISÉ À HEC

Si la recherche en sciences des données a toujours été importante à HEC Montréal, et cela avant même la venue de l’ère contemporaine de l’IA, celle-ci s’est accélérée dans les dernières années.

Jusqu’à ce jour, une dizaine de chaire dédiées à ce domaine et à celui de l’IA sont supportées par l’établissement et ses partenaires, dont trois en collaboration avec l‘Institut canadien de recherches avancées (CIFAR) et une avec les Fonds de recherche du Québec (FRQ) et l’Institut de valorisation des données (IVADO), indique Mme Aubé.

« Nous avons un fort volume de recherche théorique et appliquée en gestion, mais aussi en science des données, IA et intelligence numérique. Cela va de paire avec le développement des connaissances et de la société. Nous sommes toujours à la recherche d’experts qui consolideront notre équipe dans ce secteur », insiste celle-ci.

En plus de la « longue tradition » du département des sciences de la décision à HEC, les programmes en formation continue permettent de former 300 spécialistes en analytique d’affaires par année, ajoute-t-elle.

Crédit photo: Pexels/Kehn Hermano

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