Internet des objets : quand être en santé c’est branché

L’univers des objets connectés ne se limite plus seulement aux montres intelligentes et aux assistants vocaux; les outils numériques qui partagent de la donnée sont désormais présents dans nos hôpitaux et permettent même d’apporter l’expertise des professionnels de la santé à la maison.

Imaginez être suivi virtuellement par votre cardiologue 24 heures sur 24 grâce à un petit appareil portatif et non invasif, ou même par l’entremise de votre t-shirt.

Des compagnies québécoises proposent de tels produits qui, couplés à l’intelligence artificielle (IA), pourraient révolutionner la façon dont sont octroyés les soins de santé.

« Nous sommes au début d’une vague qui n’arrêtera pas de nous surprendre. Grâce aux objets connectés, nous allons pouvoir véritablement prendre en main notre santé et notre bien-être », affirme Diane Côté, PGD de MEDTEQ+.

Ce consortium pancanadien pour la recherche industrielle et l’innovation dans le domaine des technologies médicales s’est récemment vu attribuer par Québec une somme de 3 M$, qu’il partagera avec Prompt-Québec, un organisme de maillage entre le secteur de la recherche et le monde entrepreneurial.

Grâce à cette subvention, les ministères de l’Économie et de l’Innovation et de la Santé et des Services sociaux espèrent ainsi appuyer la réalisation de projets portant sur les objets connectés en santé.

De plus, une autre aide financière de 10 M$ a été accordée au Fonds de recherche du Québec – Santé, afin de prolonger un programme de recherche et de partenariat portant sur l’adoption de l’IA dans le domaine de la santé.

CONNECTIVITÉ ET INTEROPÉRABILITÉ

Pour comprendre le potentiel des objets connectés en santé, il faut tout d’abord considérer les avantages de l’internet des objets.

Qu’il s’agisse de votre iPhone, Fitbit, Alexa ou même de votre réfrigérateur intelligent, les appareils numériques qui communiquent avec internet grâce aux réseaux sans-fils peuvent vous faciliter la vie.

Par exemple, votre montre intelligente peut faire un suivi de votre activité physique, que vous pouvez ensuite examiner sur votre cellulaire.

Il vous manque du lait dans votre frigo? Certains modèles connectés peuvent détecter vos habitudes de consommation et vous envoyer des rappels pour dresser votre liste d’épicerie.

Tout cela est rendu possible par la connectivité des objets, mais aussi leur interopérabilité. En gros, les appareils parlent le même langage.

Or, le même principe pourrait être exploité dans l’univers de la santé.

Ainsi, des entreprises d’ici, comme Hexoskin et Icentia, ont développé des produits qui peuvent capter vos signes vitaux.

« Les vestes d’Hexoskin ont tout d’abord été créées pour aider les astronautes de l’Agence spatiale canadienne, mais elles pourraient avoir une application sur terre. On peut imaginer qu’elles permettraient de suivre l’état de santé des patients vivant dans des territoires reculés » – Julien Caudroit, directeur des communications chez MEDTEQ+.

Un médecin n’aurait pas à être en face de son patient pour connaître son état de santé.

Les experts ont maintes fois pris en exemple les personnes en convalescence d’un accident cardiovasculaire et qui pourraient recevoir des conseils presque en directe de leur cardiologue avec l’apport de montres intelligentes.

TÉLÉMÉDECINE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES

La pandémie de COVID-19 a aussi ouvert la voie à la télémédecine.

Récemment, l’entreprise québécoise Dialogue, qui fournit des soins de santé virtuels, est entrée en bourse et il y a depuis le début du confinement un véritable intérêt pour la promulgation de conseils médicaux à distance, selon les experts.

Les soins de santé sans contact font d’ailleurs partie des critères qui seront mis de l’avant dans le cadre du programme piloté par MEDTEQ+ et Prompt-Québec.

Soutenir les entreprises québécoises, assurer le développement de solutions et produits interopérables et cybersécuritaires sont aussi au menu, indique Frédéric Bove, vice-président du département des communications chez Prompt-Québec.

Selon ce dernier, en plus de promouvoir les innovations d’ici en matière d’objets connectés dans le milieu de la santé, il sera impératif de changer les habitudes des Québécois.

« Il va falloir qu’il y ait une acceptation de la part du patient. Certaines générations un peu moins connectées peuvent encore privilégier le contact personnel avec leur médecin, et c’est normal. On va donc devoir se demander comment on peut amener la population à accepter cette technologie », insiste-t-il.

Crédit photo: Pexels/Anna Shvets

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *