Québec emploi : le ministre Boulet défend sa plateforme

La plateforme Québec emploi, dont l’efficacité a récemment été sévèrement critiquée, est défendue par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. Selon lui, l’algorithme d’intelligence artificielle (IA) employée sur celle-ci est « comparable à ce qui est utilisé par Amazon ».

En effet, créé au coût de 4,3 M$, Québec emploi « constitue un gain de temps considérable » pour tous les employeurs, car ils vont pouvoir bénéficier de la sélection automatique des candidats qui correspondent au profil recherché grâce à cet outil, selon le ministre un courriel envoyé par le cabinet du ministre à CScience.

Or, il y a deux semaines, un article du Devoir rapportait les critiques de plusieurs personnes du milieu de l’emploi au Québec. Ces derniers affirment que la plateforme ne répond pas aux besoins du marché de l’emploi et que sa technologie laissait à désirer.

Cependant, selon le ministre, Québec emploi fait appel à une solution de personnalisation et de recommandation en temps réel qui utilise les données d’interaction sur la plateforme dans un modèle de « deep learning » (NDLR : apprentissage profond) et qui serait semblable à l’engin de suggestion de produits du géant du web Amazon.

On insiste aussi sur le fait que la plateforme « utilise un algorithme d’IA pour classer, par ordre de pertinence, les offres d’emploi » en plus de recourir à un outil de géolocalisation.

De plus, l’IA de la plateforme sera portée à s’améliorer au fil du temps selon le ministre, car plus d’entreprises et de candidats y seront inscrits, plus celle-ci deviendra performante, selon le ministre.

« Son environnement simplifié rend Québec emploi facile d’utilisation, ce qui permet de faire connaître rapidement les besoins de main-d’œuvre des entreprises aux personnes à la recherche d’un emploi afin qu’elles puissent proposer leur candidature aux emplois offerts », souligne-t-on au cabinet du ministre.

« Québec emploi est donc aussi un outil essentiel pour relever les défis reliés à la rareté de la main-d’œuvre »– Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Enfin, on affirme que l’ancien service Web du gouvernement du Québec, Placement en ligne, datait de 20 ans et que sa désuétude technologique ne « permettait pas d’offrir les fonctionnalités les plus avancées pour optimiser l’arrimage entre les postes disponibles et les chercheurs d’emploi ».

INNOVATION OU OUTIL RÉPANDU?

La plateforme a récemment été lancée afin de répondre aux difficultés d’embauche, qui sont surtout présentes dans le secteur des technologies au Québec. Elle remplace le site temporaire Jetravaille!, conçue dans le contexte de la pandémie.

Si le ministre du Travail promeut le modèle d’IA de Québec emploi comme un outil innovant pour créer des ponts entre les employeurs et les travailleurs, ce n’est toutefois pas la première fois qu’on conçoit une telle application dans le monde du travail.

Effectivement, dans les entreprises et les agences d’emploi, ce type d’utilisation de l’IA est plutôt répandu. C’est ce que démontre une étude du cabinet Mercer menée en 2020 et selon laquelle ce sont près de 40 % des départements de ressources humaines qui font appel aux algorithmes.

Des firmes québécoises sont même spécialisées dans le développement de modèles d’IA qui viennent en aide aux services de ressources humaines. C’est le cas de la compagnie Airudi qui propose une solution capable d’analyser les profils des candidats envoyés à un recruteur.

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