UEAT : la restauration à l’ère de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) peut aider plusieurs industries, dont celle de la restauration, à rendre le travail en cuisine, au service et à la livraison plus efficace. Cependant, cette technologie ne peut prêter main-forte qu’à ceux qui peuvent se payer un tel outil. C’est ce que veut changer une entreprise de Québec qui souhaite démocratiser l’apprentissage machine pour les restaurateurs de toutes tailles.

Fondée en 2017, UEAT propose un outil de commande en ligne intégré directement à la plateforme des restaurants.

Depuis un peu moins d’un an, cet outil est rehaussé d’un modèle d’IA qui permet de faire des recommandations à la clientèle en anticipant ses préférences.

« On a pris des millions de commandes faites précédemment dans les restaurants puis on les a utilisées pour entraîner un algorithme. Celui-ci examine les similitudes entre ces commandes pour créer des recommandations basées sur divers contextes », explique René-Pier Plourde, responsable du marketing de contenu chez UEAT.

L’expérience lancée en septembre 2020 aura été probante, selon ce dernier.

En effet, les premiers essais ont été faits au sein de la chaîne de rôtisseries Benny & Co., et lors de ceux-ci, on a comparé des suggestions à la commande faites par des employés des restaurants à celles créées par l’algorithme.

Les testeurs ont noté une augmentation de 70 % du nombre d’articles vendus grâce à l’IA, soit 9 700 articles vendus par les recommandations des algorithmes contre 5 500 articles lors des suggestions seulement faites par des humains.

De plus, une hausse de l’ensemble des ventes de 56 % a été perçue lors de l’emploi de l’outil d’apprentissage machine.

L’algorithme est ainsi capable de produire des recommandations basées sur les habitudes de consommation de la clientèle (à partir de leurs commandes précédentes), mais aussi sur les combinaisons de plats les plus populaires, sur la météo et même sur les événements saisonniers.

« Par exemple, on s’est rendu compte que le meilleur temps pour vendre des salades c’était une semaine avant les vacances de la construction, tandis que pour la poutine, c’est durant la première semaine des vacances de la construction », souligne le porte-parole.

RENDRE L’IA PLUS ACCESSIBLE

Si ce genre de résultats est prometteur, il est tout autant important qu’il soit possible pour les plus petits restaurateurs d’y avoir accès, conçoit M. Plourde.

Ainsi, les outils à la commande développés par UEAT sont un peu clef en main, c’est-à-dire qu’ils sont créés à partir du même modèle, puis adaptés aux besoins du restaurateur.

« On personnalise le logiciel pour le client, ainsi les restaurateurs n’ont pas besoin de dépenser des millions de dollars pour créer leur propre plateforme », insiste ce dernier.

Ce principe d’accessibilité est le même en ce qui concerne l’IA.

Directement intégré aux outils de commande en ligne, l’algorithme de suggestion ne demande pas d’investissement supplémentaire de la part des restaurateurs.

« Les technologies de l’IA ne devraient pas profiter uniquement qu’aux multinationales de l’informatique. C’est certain que de tels outils pourraient changer l’industrie de la restauration, surtout dans le contexte de l’après-COVID, mais pour cela il faudra que les entreprises prennent le virage technologique »– René-Pier Plourde, responsable du marketing de contenu, UEAT

Un virage qui sera plus facile à prendre avec des solutions conçues pour la clientèle traditionnellement moins « techno », comme les travailleurs en restauration, croit le porte-parole de UEAT.

Pour sa part, la jeune entreprise vise dans le futur prochain le développement d’autres solutions basées sur l’IA.

« La prochaine étape c’est de créer du marketing par l’IA. On veut offrir la bonne promotion au bon moment en se basant sur les habitudes de consommation de la clientèle. »

Crédit photo: Pexels/Helena Lopes

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