Coopératives et algorithmes : la solution pour promouvoir la culture québécoise?

Se démarquer auprès d’un potentiel client, que ce soit dans le monde du divertissement ou ailleurs, n’est pas facile à l’ère du 4.0. Étant constamment bombardés par les algorithmes de Google et de Facebook, pour ne nommer que ceux-là, les consommateurs ont l’embarras du choix et l’attention éphémère. Une coopérative québécoise veut changer cela et redonner aux créateurs et diffuseurs d’ici le pouvoir de se faire connaître par leur public.

Entre en scène Culture Cible et sont initiative Data-Coop Culture.

L’idée derrière celle-ci est plutôt simple : mutualiser les données agglomérées par les nombreux acteurs de l’écosystème des arts et spectacles afin d’en tirer pleinement profit, et ce d’une façon juste et équitable pour l’ensemble des partenaires.

« On le sait bien, le nerf de la guerre c’est la donnée. Avec celle-ci, il est possible de prédire les comportements des clients. Cela était plutôt réservé aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon) jusqu’à présent. Toutefois, avec nos outils, c’est désormais possible pour les petits joueurs », souligne Arnaud Nobile, cofondateur de Culture Cible et fondateur du site atuvu.ca.

La formule coop

Mais faire compétition aux GAFAM n’est pas une mince affaire.

Un joueur local seul pourrait avoir en main les bons algorithmes et des informations sur sa clientèle et tout de même s’y casser les dents.

Pour y parvenir, la formule coopérative donne une chance aux coureurs québécois.

« On a un écosystème chez nous. Les gens visitent plusieurs sites internet, qui même lorsqu’ils ne concernent pas nécessairement un service ou un produit similaire, peuvent nous renseigner sur les désirs des consommateurs » -Arnaud Nobile, cofondateur, Culture Cible

Ainsi, une intelligence artificielle pourrait trouver des liens entre une préférence pour un style musical et les arts de la scène.

« Supposons que les amateurs de jazz ont une tendance favorable pour le théâtre, il s’agit d’une corrélation qu’un individu aurait de la difficulté à établir, mais qu’un algorithme peut facilement faire », insiste Anna Ajoubair, responsable marketing et analyses chez Technologies Oziom, un partenaire de l’initiative.

Une équipe de scientifiques des données serait même d’attaque pour prêter main-forte à l’idée en créant des profils sur mesure pour les membres de la coopérative.

La coopérative, qui a récemment reçu un soutien de la Ville de Montréal, permettrait ainsi à ses membres de mieux rentabiliser leur budget marketing, en cernant la tranche de la population qui offre le plus de potentiel.

Data-Coop Culture sera lancé au cours des prochaines semaines lors d’un premier projet pilote.

Lors de cette période d’essai, M. Nobile souhaite convaincre des agents d’artistes, une maison de disque, quelques salles de spectacles, un festival et une billetterie de tenter l’expérience.

Ce dernier croit que la transparence du processus et une utilisation équitable des données sauront les persuader.

« Certains acteurs, tels que les billetteries, ont accès à d’importantes plateformes de gestion des données; leur contribution serait rémunérée en conséquence », affirme le cofondateur de Culture Cible.

Sans s’arrêter à une formule précise, M. Nobile imagine un système de tarifs préférentiels pour les grands fournisseurs de données.

Crédit photo: Pexels/Sebastian Ervi

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