Rétrospective IA : le bon ménage de l’IA et de la culture

Lorsqu’on parle de culture, l’association avec le numérique n’est habituellement pas celle qui nous vient en premier à l’esprit. Ce lien est encore moins évident lorsqu’il s’agit d’intelligence artificielle (IA). Pourtant, les univers des sciences et des arts sont de plus en plus appelés à se rencontrer grâce aux innovations créatrices. Aussi, après des mois de pandémie, durant lesquels les salles de spectacles ont été fermées, le divertissement à distance a été une bouée de secours pour plusieurs gens de l’industrie. Voici quelques articles de CScience IA qui nous racontent comment s’est portée la culture 4.0 durant la dernière année.

En juin 2020, un texte de Stéphanie Cabre nous fait découvrir la jeune pousse montréalaise Prologue AI, qui développe Voice Trip, une plateforme de marché qui permet de connecter les producteurs de contenus de divertissement d’une destination touristique avec ceux qui l’habitent ou qui y transitent.

Après avoir travaillé sur un produit conversationnel conçu pour donner voix à l’offre culturelle d’une ville, l’entreprise revoit ses plans dans le contexte de la crise sanitaire pour imaginer des expériences touristiques qui prennent en compte les consignes de distanciation sociale et qui génèrent des revenus aux créateurs locaux.

Toujours au mois de juin, on apprend que Eidos-Sherbrooke, un nouveau studio dédié à l’accélération de l’innovation technologique en jeux vidéo, ouvrira ses portes à l’automne 2020 en Estrie. 

En effet, Eidos-Montréal et SQUARE ENIX créent ce nouveau chapitre régional du studio de jeux vidéo dont le but est de soutenir la recherche et le développement.

Son équipe, spécialisée en innovation technique, teste et applique de nouvelles technologies pour créer les jeux vidéo de demain. 

Lors d’une entrevue avec le chanteur du groupe Moist, David Usher, Caroline Lefer-Palos nous fait découvrir son studio qui marie IA et créativité.

Fondé à Montréal, Reimagine.AI compte l’IA parmi ses outils technologiques pour concevoir des personnages virtuels.

REPENSER LA SALLE DE SPECTACLE

Ensuite, un article de Stéphanie Cabre nous explique comment la pandémie a poussé les professionnels du spectacle à se réinventer, remodelant en profondeur le paysage des offres culturelles.

Plusieurs plateformes en ligne ont vu leur achalandage démultiplié, incluant l’espace Yoop. 

Cette salle de spectacle high-tech est entourée de plusieurs écrans et caméras pouvant ainsi renouveler les codes du show virtuel.

Installée au sein de la scène du théâtre Wilfrid Pelletier de la Place des Arts à Montréal, on y filme des productions : concerts, conférences, spectacles d’humour, danse, cirque.

Les captations se font selon divers angles de vue à l’aide de plusieurs caméras et sont diffusées sur une application téléchargeable en ligne.

En septembre, Chloé Gilbert nous informe au sujet d’Agence, une œuvre interactive de l’Ontarien Pietro Gagliano, nourrie d’IA.

Celle-ci ouvre la voie vers un cinéma d’un nouveau genre, avec une histoire qui change d’une séance à l’autre et dont les personnages pensent par eux-mêmes.

Son but est d’explorer l’empathie du spectateur en rapport avec l’IA.

En novembre 2020, le pape François a une pensée pour un domaine qui peut sembler bien loin des tracas usuels de l’Église catholique, soit l’IA.

Durant tout un mois, le souverain pontife consacre ses prières à une IA plus humaine.
Ainsi, lorsqu’il « se tournera vers Dieu », celui-ci fera le vœu d’un développement de l’IA dans un esprit « d’aide à l’humanité », explique l’archevêque de Montréal, Christian Lépine.

DEUX LEXIQUES DE L’IA EN FRANÇAIS

C’est bien connu, le milieu de l’IA, même au Québec, est très anglicisé. C’est pour cette raison que l’Office québécois de la langue française (OQLF) a créé un lexique en ligne à propos de ce domaine.

L’organisme veut ainsi répondre aux besoins exprimés par l’administration publique, le secteur privé et le milieu universitaire pour un vocabulaire français de l’IA.

Et on peut dire que les grands esprits se rencontrent, car quelques mois plus tard un article nous rapporte l’histoire d’un entrepreneur indépendant souhaitant répondre au problème de « l’anglicisation galopante » dans le domaine de l’IA.

Ce dernier a mis sur pied un OSBL qui a créé le plus étoffé lexique francophone dédié à ce champ scientifique.

Ce grand Lexique de l’IA et de la science des données compte aujourd’hui près de 3000 entrées et une centaine de thèmes, en faisant la source la plus complète de vocabulaire français dans un secteur de l’innovation où la langue de Shakespeare est nettement plus répandue que celle de Molière.

En février, on découvre quelques artistes multidisciplinaires qui ont décidé d’user de l’IA comme d’un nouveau médium pour leur créativité.

Sofian Audry, Alexandre Saunier et Erin Geen ont tous des parcours différents et une connaissance du numérique qui diffèrent, mais ils ont tous en commun ce désir de faire appel aux algorithmes pour concevoir leurs œuvres.

Puis un texte de Pauline Gueguen-Salomon nous explique comment l’industrie de la musique au Québec s’est tournée vers les métadonnées pour accompagner la création et la diffusion.

Le projet MétaMusique, une plateforme pour les professionnels du milieu permet de se renseigner à la même place sur toute l’information d’une musique selon les standards d’indexation, de la tracer pour faciliter l’accès aux droits et aussi de mieux la faire découvrir.

LE DROIT D’AUTEUR S’APPLIQUE-T-IL À L’IA?

La question du droit d’auteur, centrale à la création, risque d’être bouleversée par l’IA.

C’est ce qu’on apprend dans ce texte du mois de mars 2021 dans lequel Emmanuel Delacour discute avec des experts en brevets et droits d’auteurs dans le contexte du numérique.

Peut-on breveter un algorithme? Les droits d’auteurs s’appliquent-ils sur le code source d’une IA? À qui reviennent donc les droits d’auteurs d’une œuvre créée en collaboration avec un algorithme? Est-ce que l’IA pourrait un jour obtenir des droits d’auteurs à l’instar des humains?

Beaucoup de ces questions restent en suspens et devront être explorées durant les prochaines années, selon les juristes.

Des millions de titres francophones qui se retrouvent dans l’industrie du livre québécois, comment trouver la perle rare?

C’est la question que tente de résoudre le projet TAMIS, qui analyse le texte intégral et les images de couverture de livres pour les classer de façon plus précise en utilisant le standard international du livre (BISAC) et en faire ressortir des mots clés.

Dans cet article d’avril, on découvre l’initiative mise sur pied par Gilles Herman, directeur aux éditions du Septentrion ainsi que Christian Roy et Clément Laberge, associés chez A10s, firme technologique œuvrant au service de la culture.

Enfin, en mai le gouvernement du Québec annonce un investissement de 10 M$ sur cinq ans pour la création d’un fonds consacré à l’innovation en tourisme.

C’est l’incubateur MT Lab qui s’est vu confier la gestion de cette somme et la mise en œuvre des différents volets du fonds.

Ainsi, on espère grâce à cette initiative améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises touristiques, relever les défis de main-d’œuvre et favoriser le virage numérique, à la suite des ravages causés à cette industrie dans le sillon de la pandémie.

Crédit photo: Pexels/Thibault Trillet

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *