[ÉDITORIAL] | Pour un réseau d’information francophone de l’IA

CScience IA a signé le 26 août dernier une entente avec la fondation internationale AFRIA qui vise à lancer dès cet automne notre première franchise hors Québec. Une implantation sur le continent africain qui signe l’amorce d’un nouveau réseau francophone d’information autour des enjeux d’intelligence artificielle et d’innovation.

A peine deux ans après avoir lancé notre magazine au Québec, la signature le 26 août dernier d’une entente qui officialise la création d’une première édition de CScience hors Canada, est une étape décisive à plusieurs égards.

Une nouvelle rédaction locale va ainsi voir le jour en Côte d’Ivoire dès le mois de novembre, à l’occasion du Sommet de la Francophonie. Outre le plaisir que nous procure naturellement cette nouvelle qui voit grandir notre équipe, nous voulons l’inscrire dans une démarche plus large. 

Piloté par notre partenaire, l’Agence Francophone de l’intelligence artificielle (AFRIA) basée à Genève, le déploiement de cette première franchise marque officiellement le démarrage d’un réseau d’information francophone autour des enjeux d’IA.

PROMOUVOIR LE PARTAGE DE CONNAISSANCE ET LA DIVERSITÉ DES REGARDS SUR L’IA

L’intelligence artificielle gagne depuis plusieurs années tous les champs d’activité de nos sociétés et aucun pays n’est épargné par les effets collatéraux d’une telle révolution technologique. Ce mouvement universel n’est pourtant pas monolithique. Il n’est pas uniforme. 

Et notre partenaire, le Dr Eric Adja, Président de l’AFRIA, a raison de souligner que “bien souvent les solutions [technologiques] sont décorrélées de la réalité locale et ne répondent que partiellement aux besoins, notamment des populations les plus précarisées mais aussi les plus éloignées de ces outils”. 

L’intégration de l’IA dans différentes cultures, et des cultures souvent ô combien différentes, nous engage à plusieurs égards. Elle suppose tout d’abord de tenir compte des contraintes et opportunités propres à chaque communauté. C’est cette richesse dans la diversité des approches qui, selon nous, nourrit l’intelligence collective dans ce qu’elle a de meilleur.

Elle sous-entend aussi que cette approche réponde à un cadre de valeurs et de références éthiques compris de toutes ces communautés. C’est là qu’un réseau d’information francophone autour des enjeux d’IA prend tout son sens. 

PARTICIPER À L’ÉMERGENCE D’UNE IA FRANCOPHONE

Les nouvelles franchises que nous allons créer dans les prochains mois hors Québec s’appuient sur un modèle : elles se bâtissent autour d’un solide réseau local de partenaires du milieu institutionnel, de la recherche et de l’innovation. Ce modèle offre l’avantage de créer une connexion dynamique entre les différentes réalités des pôles de croissance en IA et les rédactions implantées dans ces milieux d’innovation. Mais il permet aussi de nourrir cette dynamique multiple dans une seule et même langue, le français.  

Dans un domaine, la communication scientifique, où les publications anglophones submergent la production d’information, c’est une avancée significative à souligner.

« Ce déploiement marque la première pierre d’un réseau d’information francophone autour des enjeux d’IA » Philippe Régnoux, Directeur de publication de CScience IA

Car, et entendons-nous bien, voir émerger un modèle de croissance francophone en IA, ce n’est pas uniquement financer des partenariats stratégiques permettant des avancées technologiques majeures, à l’image de ce que l’on observe déjà par exemple dans le domaine aérospatial ou celui de la santé, c’est aussi promouvoir un cadre de valeurs, une vision commune, des référents de pensée et une philosophie qui permettent d’orienter la manière dont nous exploiterons demain toutes nos données.    

En plus de favoriser la circulation des talents et de multiplier les partenariats stratégiques d’affaires, nous appelons de nos voeux une conscience francophone de l’IA. Un savoir-faire distinctif. 

Ce cadre existe : il est établi depuis le 4 décembre 2018 par la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle. Il est partagé à l’échelle mondiale dans le cadre du Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle (PMIA) en plus des principes posées par l’OCDE sur l’IA. Mettons toutes ces belles résolutions en pratique, portons haut les couleurs de l’IA responsable au sein de l’espace francophone. 

A l’heure où s’affirme une francophonie économique, marquée notamment par la Rencontre des entrepreneurs francophones il y a quelques jours et que le président du regroupement des entreprises françaises, le MEDEF, n’hésitait pas à qualifier de “Davos de la francophonie”, l’émergence d’un réseau d’information francophone autour des enjeux d’IA s’inscrit résolument dans ce mouvement qui vise à valoriser toutes les formes d’intelligences collectives tout en définissant les contours d’une identité technologique commune.   

  

Crédits photo : AFRIA, Août 2021

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