CIRRELT : au cœur des données logistiques depuis 50 ans

La gestion des données en logistique n’est plus seulement une affaire de profits. Cette science que soutient le Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT) depuis les cinquante dernières années est une arme pour la lutte contre les changements climatiques et dans les enjeux de gestion de ressources.

« À ses débuts, la recherche opérationnelle avait des motifs principalement économiques, argumente Martin Trépanier, directeur du CIRRELT, mais aujourd’hui celle-ci s’applique aussi aux problématiques sociales et environnementales », souligne le professeur d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal.

Les avancées en l’intelligence artificielle offrent de nouvelles ressources dans notre domaine, mais la recherche opérationnelle en soi est une science encore très pertinente de nos jours, selon lui. Pour affronter les problématiques de pénurie de main-d’œuvre, il faudra savoir optimiser nos systèmes.

« En faire plus avec moins, c’est d’autant plus un besoin criant aujourd’hui » -Martin Trépanier, ing. Ph.D., Directeur du CIRRELT

La mission du centre est « d’améliorer les systèmes » employés en logistique et transports bien entendu, mais en urbanisme, en santé et même en aide humanitaire.

Ainsi, le CIRRELT prend part à la diffusion et au transfert des connaissances de ses membres, à la formation de professionnels, ainsi qu’au soutien de la prise de décision et au développement socio-économique de la société québécoise.

« Nous nous concentrons sur trois axes : la transition durable, l’aspect humain -soit l’intégration sociale de la recherche opérationnelle- et enfin l’intelligence numérique, qui inclut des méthodes d’apprentissage automatique », explique M. Trépanier.

Les recherches promues par le CIRRELT ne se limitent pas seulement aux formes traditionnelles de la logistique, mais explorent toujours de nouvelles solutions aux défis de demain, d’après lui.

« Maintenant, on ne parle plus exclusivement de transports en commun, de cargo et de camions. La recherche porte aussi sur des initiatives novatrices, comme l’emploi des vélos cargo pour le transport des marchandises. Ce sont ces nouvelles solutions qui nous permettront de résoudre les problèmes liés à la crise climatique, par exemple » insiste, M. Trépanier.

APPROCHE COLLABORATIVE

Cette vision multidisciplinaire est, entre autres, liée à la philosophie et l’histoire du centre depuis ses débuts.

En effet, à l’origine du CIRRELT se trouve le Centre de recherche sur les transports (CRT), fondé en 1971. À celui-ci s’agrègent au fil des années le Centre de recherche sur les technologies de l’organisation réseau (CENTOR) et le groupe de recherche en ingénierie de la logistique Polygistique, pour créer le CIRRELT tel que connu désormais.

Avant même la création des IVADO et des Mila de ce monde, ces divers centres universitaires pratiquaient déjà le transfert de connaissance et le rassemblement des forces vives de l’industrie il y a 50 ans.

« Dès le début nous avons aidé à la création de solutions pratiques. Par exemple, le CIRRELT a propulsé deux start-up qui sont devenues de grands acteurs dans l’industrie québécoise : INRO et GIRO de grands concepteurs de logiciels dans le monde des transports », souligne l’ingénieur.

C’est en rassemblant des experts de diverses branches universitaires, que ce soit des spécialistes en mathématiques, sciences informatiques, sciences des données, mais aussi en urbanisme et en psychologie par exemple, que le CIRRELT a su étendre son expertise et son influence.

« Cet esprit de collaboration, très québécois, a toujours été au centre de nos efforts de promotion des chercheurs et de leurs travaux » -Martin Trépanier

Aujourd’hui, le Centre compte près 110 professeurs, dont une trentaine supplémentaires au cours des cinq dernières années.

L’engouement pour la science des données et les avancées en intelligence artificielle auront aidé à faire rayonner le CIRRELT auprès de ses nouveaux membres, mais aussi l’intérêt pour les enjeux environnementaux et de transports de plus en plus présents dans les discussions publiques.

Ces enjeux ne seront pas seulement résolus par une innovation technologique, croit le directeur du Centre. « Il n’y aura pas de solution one size fits all », souligne-t-il.

Pour y parvenir, il faudra de la collaboration entre tous les acteurs de la société; une collaboration un peu à l’image de celle qui perdure depuis 50 ans au CIRRELT.

Crédit photo: Pexels/Tiger Lily

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