Les robots de plus en plus présents dans les entrepôts

Les entrepôts automatisés où les robots sont chargés de la préparation et de la collecte de commandes ne sont plus l’apanage des Amazon de ce monde; ceux-ci apparaissent progressivement chez les grands commerçants de détail, et ce même au Québec.

« Chaque année, dans les grandes régions métropolitaines de Montréal, Québec ou Toronto, on retrouve l’ouverture d’un ou deux entrepôts automatisés », souligne Mustapha Ouhimmou, professeur au Département de génie des systèmes, à l’École de technologie supérieure (ÉTS).

En effet, dans un article publié le 27 octobre, le ministère de l’Économie et de l’Innovation cite un rapport de la firme ABI Reasearch selon lequel « les revenus générés par l’introduction des robots dans les entrepôts connaîtront, dans le monde, un taux de croissance annuel composé de plus de 23 % des années 2021 à 2030 et (…) ils dépasseront 51 milliards de dollars d’ici l’an 2030. »

Si le gouvernement du Québec n’est pas en possession de données quant à la progression de la robotisation dans les entrepôts sur son territoire, d’après le professeur Ouhimmou, il s’agit du futur de l’industrie.

« C’est la tendance. Ça fait 10 ans que je suis professeur à l’ÉTS et je dis à mes étudiants : l’automatisation en entrepôt, c’est l’avenir » -Mustapha Ouhimmou, professeur, Département de génie des systèmes, ÉTS

Déjà, des noms familiers du détail font appel aux robots.

La Maison Simons, Jean Coutu, Sobeys, Lumens et IKEA sont tous munis de ce genre de technologie dans certains de leurs entrepôts du Québec.

Convoyeurs, robots palettiseurs et dépalettiseurs, carrousels et même bras robotisés, c’est un véritable ballet de machines qui s’enchaîne dans ces immenses espaces de stockage et de tri.

Toutefois, ces entrepôts ne sont pas encore 100 % automatisés, car il reste encore des humains qui s’occupent par exemple de la réception et de l’expédition.

« Quand on parle d’automatisation, pour l’instant, ce sont les opérations à l’intérieur qui sont concernées. Il y a toujours une personne avec un chariot élévateur qui décharge les camions, mais le plus gros de l’automatisation, c’est une fois qu’on décharge, c’est le système qui va prendre en charge la manutention et le stockage », explique M. Ouhimmou.

RÉSERVÉ AUX GROS JOUEURS

Avec le manque de main-d’oeuvre qui affecte aussi les gestionnaires d’entrepôts, une productivité de « 3 à 4 fois plus élevée » avec les robots et une réduction importante des erreurs avec l’informatisation des processus, l’intérêt pour l’automatisation des opérations en entrepôts est clair, selon M. Ouhimmou.

« Ce qui coûte le plus cher quand on opère un entrepôt, c’est le « pick-up », c’est-à-dire la prise de commandes. Ça demande beaucoup de personnes sur le plancher quand ce sont des humains qui y sont affectés », affirme le professeur.

La numérisation des effectifs permet aussi la collecte massive de données, qui permet à son tour d’optimiser encore plus loin les opérations grâce à l’intelligence artificielle.

Cependant, l’automatisation demeure le domaine des gros joueurs de l’industrie du détail.

Par exemple, l’entrepôt IKEA cité plus haut par M. Ouhimmou occupe une superficie plus de 1 000 000 pieds carrés dans la ville de Beauharnois.

« Ça se fait généralement dans de très très grandes surfaces. On parle entre 500 000 et 1 000 000 de pieds carrés, parfois même 2 000 000. (…) Il faut habituellement construire des entrepôts neufs pour faire de l’automatisation, on ne va pas vraiment convertir des entrepôts traditionnels pour ça », explique l’expert.

Il faut donc s’attendre à des coûts exorbitants, dans le voisinage de 100 M$ et 200 M$ pour la création de tels bâtiments, et le retour sur ces investissements est prévu à long terme.

Ainsi, il s’agit d’une innovation qui est pour l’instant inaccessible aux PME, croit M. Ouhimmou.

Crédit photo: Pexels/Elevate

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