IA en bioalimentaire : les pistes d’actions de l’industrie à la loupe

Le mois denier, nous évoquions la publication d’un Livre Blanc sur la valorisation des données numériques et l’application de l’IA dans le secteur bioalimentaire. L’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA) revient sur les pistes énoncées pour faciliter l’intégration de l’IA  dans les domaines de la production et de la transformation alimentaire.

Ce livre blanc intitulé « Valorisation des données numériques et application concertée de l’IA dans le secteur bioalimentaire » est le fruit d’ateliers amorcés en décembre 2020 avec les membres de l’industrie et de l’OBVIA.

Le document a été rédigé sous la responsabilité des chercheurs Éric Paquet et Marc-André Sirard, tous deux professeurs au Département des sciences animales de l’Université Laval.

L’objectif de cet exercice a été « d’initier une réflexion collective sur le potentiel des données numériques dans le bioalimentaire, les freins liés à leur utilisation ainsi que les besoins des acteurs du milieu ».

Pénurie de main-d’œuvre, souveraineté des données et questions éthiques ; de nombreux enjeux précédemment soulevés lors des ateliers ont mené à cette analyse, ainsi qu’un lot de suggestions pour y faire face.

LEVER LES CONTRAINTES

Afin de répondre aux contraintes liées au manque de travailleurs spécialisés en IA dans le bioalimentaire, mais aussi pour assurer un accompagnement dans la réalisation de projets innovants et la création de nouvelles formes de financement, les chercheurs proposent la mise sur pied de programmes de formation.

« Trouver un post-doc en IA peut vous coûter 100 000 $ par année. La demande est tellement forte, qu’on a de la difficulté à recruter dans le bioalimentaire » – Marc-André Sirard, co-auteur du livre blanc et professeur au Département des sciences animales de l’Université Laval

Qu’il s’agisse de volets universitaires, collégiaux ou techniques, les acteurs interrogés durant les ateliers « préconisent la conception de programmes de formation pour l’enseignement et la conscientisation à l’IA adaptés aux besoins du secteur bioalimentaire ».

On suggère aussi la conception de programmes de formation pour les gestionnaires, « afin d’assurer un accompagnement » qui mènera à la transformation numérique des entreprises.

De l’aide financière pour les PME intéressées à fournir un service de soutien en région est aussi mise sur la table. Une formule de cofinancement est favorisée dans ce contexte.

COLLABORATION

À l’image de l’effort collaboratif qui a été nécessaire pour la rédaction de ces propositions, les acteurs du milieu du bioalimentaire souhaitent poursuivre la coopération dans les efforts d’intégration de l’IA au sein de leur industrie.

C’est pourquoi ils envisagent le partage des données numériques « lorsque possible, sur les plans tant opérationnel que légal ou éthique ».

« Il faudra faire la démonstration aux producteurs qu’il est possible d’obtenir une valeur enrichie des données grâce à leur mutualisation », souligne M. Sirard.

Pour y parvenir, il faudra définir la formule éthique pour une gouvernance responsable des modèles de partage, soutiennent les auteurs du livre blanc, et il faudra aussi développer des infrastructures numériques.

Enfin, les acteurs du milieu espèrent pouvoir favoriser le développement de technologies responsables tout au cours de la numérisation de l’industrie bioalimentaire.

On veut ainsi privilégier les « technologies au service de l’usager » et « travailler à mettre le producteur de données au centre du processus de valorisation ».

Crédit photo: Pexels/Jannis Knorr