IID : une quarantaine d’entreprises aidées dans leur adoption de l’IA

L’Institut intelligence et données (IID) de l’Université Laval a permis, à ce jour, à une quarantaine d’entreprises de la Capitale-Nationale adoptant l’intelligence artificielle (IA) de mieux appréhender leur mutation technologique.

Inauguré en janvier 2020, l’IID réunit plusieurs dizaines de chercheurs en intelligence artificielle et en valorisation des données. L’organisme favorise la maturité technologique des entreprises québécoises en promouvant des méthodes, des technologies et des usages que celles-ci choisissent d’adopter ou pas.

40 ENTREPRISES QUÉBÉCOISES AIDÉES

En tout, en deux ans, ce sont plus de 40 entreprises de la région administrative qui ont été soutenues par l’IID : 33 d’entre elles ont bénéficié du programme de stages à la maîtrise professionnelle en informatique – IA et une dizaine, depuis 2021, du Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) orchestré par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

La première phase consiste, dans un premier temps, à identifier les obstacles rencontrés par l’entreprise dans l’implémentation du système d’IA. Les difficultés peuvent être d’ordre technique ou éthique.

UN SUIVI PERSONNALISÉ

Dans un deuxième temps, la collaboration peut prendre différentes formes comme un stage d’étudiant offert dans le cadre de la maîtrise professionnelle en informatique – IA ou encore un projet de recherche collaboratif avec l’entreprise.

« Avec le programme PARI et le programme de stages à la maîtrise professionnelle en informatique – IA offert en partenariat avec Mitacs, c’est plus de 40 entreprises de la région qui, à ce jour, ont bénéficié, à une ou plusieurs reprises, d’un suivi de la part de nos professionnels et de nos étudiants » – Christian Gagné, Directeur de l’IID

En réalité, le type d’aide dépend surtout du degré de maturité en IA de l’entreprise partenaire. Pour les entreprises débutantes en IA, le soutien commence souvent par « la vérification du pipeline de production actuel de l’entreprise, ainsi que la détection avec les employés des modules qui pourraient être remplacés par l’IA », précise Ihsen Hedli, scientifique de données à l’IID.

Une étude de faisabilité est conduite, ensuite, afin de déterminer les ressources nécessaires pour mener à bien le projet et pour évaluer la faisabilité et les bénéfices pour l’entreprise.

« Nos conseils se concentrent, par la suite, surtout sur les besoins en matière de données et de modèles à utiliser afin de monter des algorithmes en IA. »

« En ce qui concerne les entreprises qui ont déjà des connaissances en IA, le conseil apporté par le biais du programme PARI est surtout lié à une expertise pointue, et représenterait plutôt un accompagnement stratégique ainsi qu’une vérification théorique et technique des modèles d’IA utilisés. » – Ihsen Hedli, scientifique de données, Institut intelligence et données (IID) de l’Université Laval

QUI A BÉNÉFICIÉ DE PARI VIA L’IID ?

« Les premières visites ont commencé en février-mars dernier », relate de son côté Pierre Prévot, scientifique de données à l’Institut intelligence et données (IID) de l’Université Laval . Depuis, une dizaine d’entreprises ont fait appel à l’IID. Principalement des PME, dans des domaines aussi variés que les technologies, l’énergie, les structures et matériaux, l’éducation, les services, l’immobilier, l’agroalimentaire, la cybersécurité, etc.

« Même si ces entreprises ont en commun le désir d’explorer les possibilités que peuvent offrir l’IA et la science des données dans leur domaine d’affaires, poursuit-il, leur niveau de connaissance et de maturité en IA est assez variable : certaines auront déjà bien fait leurs devoirs avant de frapper à notre porte, avec parfois des premières expérimentations. Certaines ont même déjà quelques scientifiques de données en interne. Tandis que d’autres n’en savent pas beaucoup plus sur l’IA que ce qu’en racontent les médias. À nous, alors, de les éclairer non seulement sur les possibilités et les enjeux de l’IA, mais aussi les prérequis pour l’intégrer à leur modèle d’affaires. »

Ainsi, l’entreprise Solution Nexam, une plateforme québécoise d’examens en ligne, a reçu les conseils avisés des experts de l’IID, professionnels ou étudiants.

« En plus de répondre à nos questions, ils nous ont amenés à réfléchir plus loin. Nous avons maintenant un plan de match solide pour débuter notre projet d’IA ! » – Josiane Trudel, Directrice des opérations, Solution Nexam

 Selon la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, ce type d’accompagnement illustre « la valeur ajoutée [de l’Université de Laval] auprès du milieu des affaires ».

Au demeurant, en réponse à la pandémie de COVID-19, avec son initiative  « Escouade de coordination de la relance » et son offre de formations et d’accompagnement destinées tant au milieu de la recherche qu’aux entreprises locales débutantes, l’Université offre déjà un « coup de pouce » à la relance régionale. Ce que ne manque pas de rappeler la rectrice dans un communiqué de l’IID :

« C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons mis en place, en septembre 2020, une Escouade de coordination de la relance, qui peut mobiliser rapidement nos forces en enseignement et en recherche afin de répondre, de façon agile, efficiente et coordonnée, aux besoins provenant des partenaires du milieu. »

« In fine, résume Pierre Prévot, l’objectif du programme [PARI] est de permettre aux entreprises qui ne sont pas spécialistes de comprendre les possibilités de cet outil relativement nouveau qu’est l’IA, d’en appréhender les enjeux, de déterminer si, oui ou non, l’IA est pertinente pour leurs besoins d’affaires, et de réussir à l’intégrer à leur domaine d’affaires, le cas échéant. »

De conclure : « C’est sûr que la période a vu un certain ralentissement des demandes, du côté des entreprises. Une dizaine en 2021 [exclusivement pour le programme PARI], c’est déjà bien, mais, avec une situation plus “normale”, on pourrait espérer plus ! »

Crédit photo : IID de l’Université de Laval