Soph.I.A Summit : appel de soumissions pour le plus important rendez-vous d’Europe sur l’IA

Soph.I.A Summit : appel de soumissions pour le plus important rendez-vous d’Europe sur l’IA

Les chercheurs canadiens sont invités à soumettre leurs travaux de recherche au Soph.I.A Summit 2022 pour profiter de sa vitrine en novembre.

Si la Côte d’Azur évoque surtout la destination vacances de rêve, pour le monde de la recherche et de l’innovation, elle abrite d’abord et avant tout Sophia Antipolis, la première technopole européenne, où s’organise depuis quelques années le Soph.I.A Summit. Pour sa cinquième édition, cet important rendez-vous annuel de la recherche académique, institutionnelle et privée en intelligence artificielle (IA) se tiendra une fois de plus à Sophia Antipolis, dans le département des Alpes-Maritimes, du 23 au 25 novembre 2022. Sur le site d’Université Côte d’Azur, il est déjà possible de réserver son billet pour participer à l’événement en tant que visiteur. Les chercheurs canadiens sont aussi invités à y soumettre dès maintenant leur candidature, en vue d’y présenter leurs travaux de recherche.

« (…) le Soph.I.A Summit a pour mission véritable de mettre en contact des chercheurs d’entreprises privées avec ceux des laboratoires publics. »

– Etienne Delhaye, directeur du Sophia Club Entreprises et membre du Comité d’organisation du Soph.I.A Summit

Le Summit est organisé par Université Côte d’Azur, la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis et le Sophia Club Entreprises, avec le soutien du département des Alpes Maritimes. En plus de réunir, comme à chaque année, les acteurs français et internationaux de l’IA, il dévoilera les dernières avancées mondiales dans le domaine.

Un prix à gagner

Les chercheurs et responsables en recherche et développement nationaux et internationaux ont jusqu’au 30 septembre pour candidater afin d’avoir la chance d’exposer leurs travaux lors de l’événement, au travers d’une conférence, d’une démonstration ou d’une affiche.

« La nouveauté cette année, c’est que les travaux les plus prometteurs seront récompensés d’un prix spécial, impliquant une aide financière de plusieurs milliers d’euros », annonce en entrevue avec CScience Etienne Delhaye, directeur du Sophia Club Entreprises et membre du Comité d’organisation du Soph.I.A Summit.

Un programme complet en six thématiques

« Il n’y a pas de nouvelles thématiques cette année. Les thèmes seront ceux de l’institut interdisciplinaire en IA. Ça correspond au mode de gestion de la recherche européen en technologie, qui part du principe qu’on ne peut être bon en tout. Les instituts en IA sont spécialisés. Le nôtre se concentre sur la santé, la biologie, les territoires intelligents et les fondamentaux », précise M. Delahaye.

Les chercheurs, universitaires, institutionnels et entreprises privées du monde entier auront donc, cette année encore, l’opportunité d’échanger en direct, sur place et en ligne, autour des six thèmes suivants :

  • « AI Fundamentals » : fondamentaux de l’intelligence artificielle
  • « AI & Health » : intelligence artificielle appliquée à la santé
  • « AI & Biology » : intelligence artificielle appliquée à la biologie
  • « AI & Smart Territories » : intelligence artificielle appliquée au développement durable
  • « Sustainable AI » : intelligence artificielle appliquée au développement durable
  • « AI & management » : relations entre intelligence artificielle et management

Aperçu du programme et des invités

On compte, parmi les conférenciers confirmés, plusieurs invités de marque, dont, entre autres, Philippe Després, professeur agrégé au Département de physique, de génie physique et d’optique de l’Université Laval; Daniel Rueckert, professeur de traitement de l’information visuelle et ancien chef du département d’informatique à l’Imperial College de Londres; Wiro J. Niessen, scientifique néerlandais spécialisé dans l’analyse d’images biomédicales et l’apprentissage automatique; Maxime Sermesant, chercheur du Centre Inria d’Université Côte d’Azur; Ernesto Damiani, professeur d’informatique à l’Université de Milan, Ioannis Brilakis, du département de génie civil de l’Université de Cambridge; et Emmanuel Goubert, de l’École Polytechnique en France.

L’IA, pas sortie de nulle part…

Si l’IA fait parler d’elle à plus grande portée depuis les dernières années, M. Delhaye rappelle que ses débuts concrets remontent au moins jusqu’aux années 70. « Même s’il n’y a que quelques années que la qualification de Sophia Antipolis pour héberger l’un des quatre instituts en IA dans le monde a été reconnue par un jury international, c’est le résultat de décennies de recherche. »

Rappelons que la Commission européenne a pour ambition de faire de l’Europe le continent de référence en matière de transformation digitale. Sophia Antipolis occupe sûrement une place clé dans sa stratégie, qui repose sur le savoir-faire en matière d’IA humaine et éthique, ainsi que sur l’utilisation des mégadonnées. Mais la réputation de la plus importante technopole du continent s’est aussi bâtie sur plusieurs autres expertises.

Miser sur la collaboration des secteurs privé et public

File:Sophia Antipolis.jpgInitiée par le Sénateur Pierre Laffitte en 1969, Sophia Antipolis regroupe aujourd’hui plus de 2500 entreprises, représentant 40 000 emplois, incluants ceux de 4500 chercheurs, et 10 % de postes consacrés uniquement à l’IA. Chaque année, il s’y crée entre 1000 et 2000 emplois, une croissance ininterrompue depuis la création de la technopole.

« Si le modèle d’innovation de la technopole était très particulier il y a cinquante ans, il l’est un peu moins aujourd’hui, mais demeure très puissant, relate M. Delhaye. Ce modèle, c’est ce que les fondateurs de Sophia Antipolis ont appelé la ‘fertilisation croisée’, que l’on désigne aujourd’hui comme étant un ‘écosystème’, où collaborent les centres de recherche des secteurs privé et public, incluant ceux d’écoles supérieures. »

Le directeur du Sophia Club Entreprises le réitère : « C’est sur la base de cet historique que le Soph.I.A Summit a pour mission véritable de mettre en contact des chercheurs d’entreprises privées avec ceux des laboratoires publics », une promesse tenue au travers des éditions précédentes. « On parle d’une participation équilibrée, à proportions égales entre les chercheurs issus des divers milieux. »

Adapter l’évolution de l’innovation

Etienne Delhaye

En plus de la propension à la coopération, ce qui fait le succès de la technopole est aussi la capacité de sa communauté scientifique à adapter son innovation aux changements de réalités. « Les startups qui ont été créées comme les spin-offs d’équipes de recherche publiques sont nombreuses, et se trouvent par centaines, entame M. Delhaye. Elles ne sont certes pas toutes devenues des licornes, mais ont certainement contribué à l’épanouissement de la technopole. En termes de spécialité, on a vu une capacité de l’ensemble de l’écosystème à s’adapter, en ce qui a trait aux technologies et applications, au fils des décennies, de manière très fluide et rapide. Pendant quelques années, c’était surtout observable avec l’informatique et le hardware (équipement), essentiellement, avec des leaders comme Hewlett-Packard (HP). Dans les années 90, nous sommes passés par une phase très importante, orientée sur les télécommunications, allant principalement de la 1G à la 3G, puis par l’avènement du big data à la fin des années 2000. Au-delà de ces mouvements prédominants, il y avait d’autres sciences, comme celle de l’environnement ou encore de la terre. »

Au fil du temps, Sophia a aussi vu plusieurs technologies clés passer d’un domaine d’application à un autre. L’exemple d’Intel, qui y a fermé son centre de recherche et développement, et dont l’entreprise Renault a repris les effectifs de l’activité logiciels embarqués en 2017, en illustre l’idée. « Renault a racheté une grande partie de ces compétences, non plus pour le développement des télécommunications, mais bien pour celui du véhicule autonome », note M. Delhaye.

Les défis contemporains de la recherche

Questionné quant aux défis liés aux objectifs de développement durable et de préservation de l’environnement, M. Delhaye reconnaît que « nous sommes très loin d’avoir trouvé la solution pour répondre aux urgences en ce sens. Mais une technopole comme Sophia Antipolis n’a pas forcément pour vocation de mener ce combat. Elle peut être un instrument à la cause, et intègre des grandes entreprises internationales, qui développent des technologies très avancées, ainsi qu’une myriade de startups, qui voient en la cause environnementale une opportunité d’innover. Donc, en fait-on assez? Non, mais est-ce que les éléments sont là pour faire avancer les choses? Oui », pense M. Delhaye. Selon l’homme d’affaires et ingénieur, détenteur d’un doctorat en physique des semi-conducteurs, il faut accepter qu’il doit y avoir cet équilibre entre la recherche orientée par les besoins commerciaux, et celle orientée par les besoins de nature urgente. « Avec l’IA et l’analyse de données, on peut anticiper des technologies qui vont permettre de modéliser ce qui est en train de se passer, quant au climat, par exemple. Voilà une manifestation des applications possibles pour agir concrètement en réponse aux problématiques qui préoccupent nos sociétés », complète-t-il.

Ensuite, il y a l’enjeu du recrutement et de la rétention de talent, qui n’épargne aucun coin du monde, pas même la France, puisque « ce bassin de talents est international. Les grands instituts, entreprises et universités du monde sont en concurrence, et recrutent de partout. À Sophia, on a beau remplir entre 1000 et 2000 postes par année, d’un autre côté, on en a entre 2000 et 3000 à combler », illustre M. Delhaye.

Quant au défi contemporain que représente le passage de la recherche à l’étape de la commercialisation en innovation, il pense que « Sophia Antipolis, de par son histoire et sa composition balancée entre les secteurs de recherche, rend certainement cette transition entre la conceptualisation et la mise en marché du produit, plus fluide et rapide ».

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Crédit Image à la Une : SophI.A Summit