LE PANIER BLEU : LE SUCCÈS DU "CONSOMMER LOCAL"

LE PANIER BLEU : LE SUCCÈS DU "CONSOMMER LOCAL"

La résilience est l’art de recevoir des citrons pour en faire une limonade. Dans le cas du Panier Bleu, c’est celui de se servir de l’impact de la pandémie sur les commerces locaux pour mieux développer leur visibilité. Et le succès est au rendez-vous.

Le Panier Bleu est une OBNL, financée par le gouvernement du Québec, qui favorise l’achat local en proposant aux petits commerçants une vitrine en ligne. Concrètement, le Panier Bleu est une plateforme, gérée par une intelligence artificielle, qui permet aux consommateurs de découvrir les commerces et les produits locaux présents autour d’eux. Les commerces sont triés par mots-clés, par catégorie ou par localisation. 

Capture d’écran du Panier Bleu

 

La pandémie a créé une prise de conscience sur la nécessité de consommer des produits d’ici, c’est ce qui a d’ailleurs inspiré cette initiative : « L’idée est venue “grâce” à la pandémie. Le commerce de détail est un acteur très important de l’éco-système économique du Québec. On s’est aperçu que quand les commerces de détail ont cessé de fonctionner, il n’y avait plus de contrats de publicité dans les médias, par exemple. Les villes se sont retrouvées avec des locaux qui ne fonctionnaient plus donc les propriétaires de buildings avaient de la misère à se faire payer le loyer, les villes avaient peur de ne pas avoir d’impôts fonciers, etc. C’est une chaîne de valeurs qui est très, très importante. Et il y avait des commerces qui continuaient d’être ouverts durant la pandémie, mais les clients ne le savaient pas » raconte Alain Dumas, le directeur général du Panier Bleu.

À l’origine, créé pour donner un coup de pouce aux commerces de proximité et rendre visibles ceux restés ouverts durant le confinement, l’initiative a dépassé les espérances de ses créateurs. Vous avez été 14% à avoir choisi de consommer local via cette application, ce qui représente près de 1.2 millions de Québécois. De ce fait, l’OBNL prépare huit chantiers afin d’accélérer le virage numérique du commerce de détail au Québec. Ces projets visent à apporter des solutions aux commerçants tant au niveau de la technologie que de la logistique liée au commerce électronique, mais aussi de la gestion des données personnelles ou du transport ou encore des conseils de communication sur l’achat personnel.

Le confinement a déclenché un mouvement vers l’achat local

Le Panier Bleu veut aussi aller plus loin dans la définition de l’achat local en créant des « teintes de bleu ». L’idée est de renseigner plus précisément les consommateurs sur la provenance des produits, selon s’ils sont entièrement fabriqués ici ou en partie. L’OBNL planchera sur ces chantiers de réflexion tout l’été et compte offrir une feuille de route aux commerçants d’ici la fin de l’année. Son but est d’accélérer le virage numérique des commerçants au Québec : « On s’est aperçu qu’on avait plus de 20 000 commerces dans notre logistique et que de ces 20 000 commerces, il y en avait 4 000 qui n’avait même pas de sites web. Ce qui représente quand même 20% des commerçants. On s’est donnés comme mandat de trouver une façon de permettre d’améliorer leur “maturité numérique”. Mais vous savez quand vous n’avez même pas de site web, vous êtes pas rendu de faire du commerce électronique. C’est pour ça, qu’on veut créer une feuille de route pour que les moins numériques puissent le devenir un peu plus, par exemple. L’idée est de faire partir un mouvement de libération du virage numérique » explique Alain Dumas.

Est-ce que les consommateurs vont continuer à acheter plus local, le confinement a t-il permis une prise de conscience durable de nos modes de consommation, seul l’avenir nous le dira. Mais pour le directeur de l’OBNL, la crise liée au Covid-19 a lancé un mouvement mondial pour favoriser le local : « La pandémie a fait ça partout dans le monde. On dirait que le fait de rester confinés à la maison, ça a lancé un mouvement pour l’achat local. Parce que tout le monde voit que l’économie est affectée et on se dit que, sans vouloir être égoïste, vaut mieux encourager l’achat local avant d’encourager l’international. On a besoin de se relever de cette crise-là. »

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