Rencontres de l’IA à C2MTL : L’IA en voie de devenir « un T-Rex »

Rencontres de l’IA à C2MTL : L’IA en voie de devenir « un T-Rex »

Dans le cadre de l’événement C2MTL, et des Rencontres de l’IA de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) qui, chaque année, récompensent les meilleures initiatives québécoises en intelligence artificielle, l’IA générative était au cœur des échanges.

« Si l’IA d’aujourd’hui est comme une amibe, imaginez à quoi ressemblerait un T-Rex… Et il ne faudra pas des milliards d’années pour y arriver. » Encore secouée par ces propos saisissants d’Yuval Noah Harari, auteur du best-seller international Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, lors d’une discussion la veille avec Yoshua Bengio, l’assistance cherche à en savoir davantage sur l’analogie entre l’IA générative et un tyrannosaure !

C2-MTL

Michel Leblanc, Julien Billot et Luc Sirois

L’IA au point tournant de son histoire

Michel Lelanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, engagea donc Les Rencontres de l’IA en abordant cette effrayante analogie. Julien Billot, directeur général de Scale AI, explique pourquoi cette comparaison a pu naître. Il expose le moment fort que vit l’IA. Avec l’apparition de l’IA générative, précise-t-il, on assiste à une 2e phase dans l’évolution de l’intelligence artificielle, ce qu’admet Luc Sirois, innovateur en chef du Québec, en ajoutant que la vitesse est le facteur déterminant de cette phase.

« Il faut stimuler l’innovation. Oui, mais pas, sans limite !»

Luc Sirois, innovateur en chef du Québec

Luc Sirois précise également que l’IA générative, bien qu’elle risque de faire disparaître certains emplois, fera nécessairement apparaître de plus inattendus : « Le monde du travail vit une transition à laquelle nous devons faire face. Le Québec s’est positionné comme un phare dans l’industrie, en ce qui concerne la responsabilité. Un encadrement responsable devra donc permettre à tous d’intégrer la chaîne de valeur de l’IA. »

Sophie Fallaha, directrice générale de CEIMIA, en compagnie de Valérie Pisano.

ChatGPT, l’outil savant

Amenée à intervenir sur l’analogie de l’IA générative avec le T-Rex, Valérie Pisano, présidente et cheffe de la direction du Mila – Institut québécois d’intelligence artificielle, raconte le moment de fascination qu’a provoqué au Mila l’apparition de ChatGPT, surtout lors du lancement de sa 4ème version.

« Il ne faut pas être naïfs, l’IA générative va changer notre quotidien ! »

Valérie Pisano, présidente et cheffe de la direction du Mila

Valérie Pisano rappelle que ChatGPT est un outil. Or, avec la technologie liée à l’IA, ces outils intelligents créés par l’humain savent maintenant prendre des décisions. Les objectifs, qui sont liés à son usage, doivent donc être clairement établis. Comme elle l’exprime, « Il ne faut pas être naïfs, l’IA générative va changer notre quotidien ! »

Luc Vinet, directeur général d’IVADO, relate également la surprise et le coup de tonnerre provoqués par ChatGPT, à l’intérieur de la communauté IVADO. Pour lui, cela reflète l’immense potentiel de l’intelligence artificielle. Il considère qu’il y aurait un risque à ne pas utiliser cette technologie, car elle pourrait nous permettre de détecter des maladies, par exemple, et s’en priver ne serait pas éthiquement responsable.

Valérie Pisano et Luc Vinet

D’après lui, il faut accélérer les découvertes, mais le faire avec prudence. Il faut enseigner rapidement l’outil ChatGPT, montrer quelles erreurs l’outil peut faire et comment les corriger. Bien que l’outil puisse apparaître comme un tuteur artificiel auprès des jeunes élèves, par exemple, les enseignants seront toujours essentiels à l’éducation.

Il annonce alors le positionnement d’IVADO pour une IA Robuste, Raisonnante et Responsable qui favorise un temps de réflexion pour intégrer le développement de la responsabilité autour de ces outils.

Sophie Fallaha, directrice générale de CEIMIA, affirme qu’il s’agit maintenant de préparer la suite de ce moment fort. Elle soutient qu’il faut dès maintenant préparer les employés et les employeurs de demain. Elle dresse alors un tableau des approches normatives internationales, en expliquant comment certaines approches sont sectorielles, comme aux États-Unis, d’autres sont transversales, comme au Canada, et enfin, d’autres s’appuient sur le niveau de risques des IA, comme l’Union Européenne. Elle prône alors l’interopérabilité de ces différentes approches en vue d’une harmonisation des standards et des bonnes pratiques.

Valérie Pisano ajoute alors que c’est par une meilleure compréhension de cette technologie que nous pourrons nous positionner à l’international et produire un encadrement adéquat. Sur ce point, Sophie Fallaha amène que la chaîne de valeur de l’IA est, elle-même, nécessairement internationale.

L’adoption fulgurante de ChatGPT

Olivier Blais

Olivier Blais, cofondateur de Moov AI, démontre que l’engouement pour ChatGPT s’est manifesté, dans le monde, dès son lancement. « En quelques jours, l’outil ChatGPT a été utilisé par 100 millions de personnes et, en moyenne, 70 % des utilisateurs ont essayé l’outil dans le cadre de leur fonction professionnelle », précise-t-il.

« L’IA générative et les humains travaillent main dans la main pour produire de meilleurs produits et de meilleurs services. »

Olivier Blais, cofondateur de Moov AI

Il ajoute que « L’IA générative et les humains travaillent main dans la main pour produire de meilleurs produits et de meilleurs services », et expose les bonnes pratiques à adopter afin de dégager le meilleur de l’outil : «Il faut prendre le temps d’optimiser la question posée. On peut lui donner des règles ou des exemples à suivre. On peut même lui demander de remplir un tableau », explique-t-il. De plus, si l’utilisateur souhaite un plus haut niveau de sécurité, il peut utiliser l’outil qui est déjà intégré dans la plupart des grands systèmes, comme Google ou Windows.

Des innovateurs qui rayonnent

Sarah Gagnon-Turcotte

Les champions québécois ont alors pris le micro-cube C2-MTL pour exposer en quelques secondes leurs projets d’IA. Ont ensuite été présentés, les gagnants, par des acteurs de l’écosystème, dont Sarah Gagnon-Turcotte, directrice de l’adoption de l’innovation et de l’intelligence artificielle au Conseil de l’innovation du Québec.

Le prix de la meilleure intégration de l’IA dans un produit, service ou processus d’affaires au sein d’une grande entreprise a été décerné au projet Metro-MoovAI pour ses solutions en matière de prédiction de la demande et d’optimisation de la gestion de la main-d’œuvre dans le secteur alimentaire.

Vooban, qui conçoit des solutions logicielles de pointe reposant sur l’IA, s’est vu octroyer le prix du meilleur service en IA de l’année, tandis que l’entreprise Axya, dont la plateforme infonuagique permet de centraliser les informations de source à paiement, a été récompensée de celui de la Start-up IA québécoise de l’année.

Enfin, le prix du meilleur projet IA au service du bien commun a été attribué à Whale Seeker, qui combine l’IA à la surveillance par satellite et à l’imagerie infrarouge, et qui a permis de détecter 78 000 baleines en Amérique du Nord, aidant les industries maritimes à vaquer à leurs activités tout respectant leurs populations. Composée de biologistes, d’écologistes, de scientifiques des données, de développeurs de logiciels et de spécialistes de l’IA, Whale Seeker exploite l’IA pour fournir des données de détection de baleines de façon efficace, simple et rapide.

Pour en savoir plus :

Comprendre les baleines grâce à l’intelligence artificielle

Crédit Image à la Une : Patricia Gautrin