Biais cognitifs et réseaux sociaux : notre citoyenneté oubliée ?

Biais cognitifs et réseaux sociaux : notre citoyenneté oubliée ?

Alors que les conflits internationaux ou sur l’accueil d’autres citoyens en France ou ailleurs font débat, souvent de manière houleuse, depuis plusieurs mois, quel rôle pouvons-nous jouer, simplement via les réseaux sociaux ?

Dans l’univers complexe des réseaux sociaux, où l’information se propage plus vite que les rumeurs dans un petit village, les biais cognitifs jouent un rôle déterminant. Sous la loupe de la cyberpsychologie, examinons de manière simple comment ces biais façonnent la perception, alimentent la polarisation de l’opinion publique, et influent sur des décisions politiques.

Lorsque les biais cognitifs et numériques s’emmêlent pour nous emmêler

Commençons par le biais de confirmation, ce mécanisme qui fait de nous tous des avocats de nos propres convictions. C’est un peu comme si nos cerveaux étaient programmés pour être les défenseurs les plus zélés de nos propres idées, même si, parfois, il serait plus sage d’adopter une position moins dogmatique. Cela nous pousse donc à valoriser davantage les informations qui soutiennent nos idées, nous poussant à une disqualification de contenu tout en renforçant nos convictions.

« Les biais cognitifs sur les réseaux sociaux jouent donc un rôle significatif dans la polarisation de l’opinion publique (…) »

Les algorithmes, quant à eux, transforment nos fils d’actualité en une écho-chambre personnalisée, où chaque like et partage renforce nos certitudes. Imaginez cela comme une soirée où seuls vos amis qui adorent le même type de musique que vous sont invités, et où personne n’ose suggérer une playlist alternative. Malgré l’impression d’être exposés à mille sources d’informations, celles-ci sont extrêmement peu diverses quant aux propos qu’elles soutiennent.

Cela vient s’accentuer avec l’effet Dunning-Kruger : les utilisateurs surestiment leur expertise dans des sujets complexes, contribuant à une polarisation accrue en alimentant des débats simplistes.

L’effet de groupe en ligne, c’est un peu comme une soirée costumée où tout le monde se déguise en emoji géant. Les individus ont tendance à adopter les attitudes de la majorité, parfois sans même réfléchir, comme si suivre le mouvement était plus simple que de penser par soi-même. Alors cela nous pousse à parfois dépasser nos limites morales, que ce soit sur le positionnement idéologique ou la forme de communication, par exemple, en ne voyant plus les risques car, après tout, « ça va, tout le monde le fait déjà ».

Conséquences de la polarisation de l’opinion publique

Ces biais aboutissent à l’escalade des positions, comme une pièce de théâtre où chaque acteur tente de délivrer son monologue le plus passionné, avec la seule différence que le rideau ne tombe jamais. Les réseaux sociaux favorisent la radicalisation des positions en créant des environnements où les opinions extrêmes sont amplifiées, et où les compromis, voire même les temps de réflexion, sont souvent déjà perçus comme des trahisons.

Le monde politique peut aussi être incité à adopter des positions extrêmes pour répondre à l’opinion publique polarisée, même si cela va à l’encontre de politiques bien plus humaines ou simplement de convictions auparavant importantes.

Conclusion

Gardons à l’esprit que derrière chaque tweet, chaque post, se trouve une véritable personne, avec ses idées et ses expériences. Certaines organisations en profitent pour amplifier l’impact d’une propagande planifiée, mais en présence de telles intentions, notre pensée critique reste vulnérable.

En conséquence, dans un climat polarisé, des politiques peuvent être amenés à prendre des mesures drastiques pour satisfaire leur base électorale, souvent au détriment des droits humains. Les biais cognitifs sur les réseaux sociaux jouent donc un rôle significatif dans la polarisation de l’opinion publique, avec des conséquences potentiellement néfastes sur les décisions politiques. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour développer des stratégies visant à atténuer les effets négatifs et promouvoir un dialogue plus équilibré et humain.

Dans le contexte des conflits, ou de débats liés aux difficultés de la condition humaine vécues par d’autres citoyens du monde, une analyse critique des influences numériques peut contribuer à une compréhension plus nuancée des enjeux et aussi à des politiques plus justes et éclairées. Parce qu’une citoyenneté numérique est fondamentale pour une civilisation plus humaine.

Crédit Image à la Une : Unsplash, montage CScience