Un capteur intelligent s’immisce parmi les abeilles

Un jeune apiculteur s’est lancé le défi de développer un capteur qui, une fois installé dans la ruche, permettrait aux professionnels du secteur de garder leurs abeilles en bonne santé. Explications.

Nectar a commencé en 2016, un peu après que Marc-André Roberge ait décidé de se lancer dans l’apiculture. « J’étais un assez mauvais apiculteur au début », nous confie-t-il. « Quand on débute dans l’apiculture, ça peut être assez déroutant, les signaux ne sont pas si clairs dans une ruche. Il faut comprendre ce qu’il se passe dans cet habitat pour faire les bonnes actions au bon moment, pour garder les abeilles en bonne santé. Je me suis rendu compte que mon manque d’expérience m’empêchait de prendre les bonnes décisions. Je me suis donc demandé : comment mes abeilles peuvent me dire quoi faire ? ».

TRADUIRE LE LANGAGE DES ABEILLES

L’idée de départ de ce jeune entrepreneur en design industriel : introduire un capteur, qui une fois installé dans la ruche, prend des données environnementales telles que la température, l’humidité, le son, la position géographique ou encore le mouvement de la ruche. Il s’agit ensuite d’analyser ces données afin de déterminer si la ruche et ses abeilles se portent pour le mieux selon différents algorithmes. « Cela nous permet de mesurer la taille de la ruche, en termes du nombre d’abeilles présentes à l’intérieur par exemple. Cela nous permet aussi de savoir si la reine est enceinte ou pas, si elle pond des oeufs », explique Marc-André Roberge.

Le capteur intelligent installé sur une ruche / Crédit Photo: Nectar

« L’apiculteur doit normalement envoyer un ouvrier agricole sur place pour ouvrir la ruche et regarder ce qu’il se passe à l’intérieur, alors que là on peut le faire à distance. Alors oui, si on a qu’une seule ruche à la maison, il est certain que ça ne fait pas une grosse différence, mais lorsqu’on a 10.000 à 30.000 ruches comme ont certains de nos clients, là ça fait une énorme différence », ajoute-t-il.

BAISSER LE TAUX DE MORTALITÉ DES ABEILLES

Pour Marc-André Roberge, la grande problématique de l’apiculture aujourd’hui « c’est que les apiculteurs, du moins en Amérique du Nord, perdent environ 35 à 40% de leurs ruches d’abeilles chaque année à cause de différents facteurs ».

Parmi ces facteurs, l’apiculteur cite le fait qu’il y ait de moins en moins de nourriture disponible pour les abeilles dans l’environnement avec l’arrivée par exemple, de certains pesticides « toxiques pour elles ».

« Avec notre capteur, on peut aider à distance les apiculteurs à savoir si par exemple la reine est morte ou pas. Dans ces cas-là, l’apiculteur doit agir rapidement pour remplacer une reine qui meurt. « La ruche elle-même va tenter de la remplacer, mais cela peut prendre du temps, puis pendant ce temps il n’y a pas d’oeufs pondus, de nouvelles abeilles qui naissent, alors que la durée de vie d’une abeille est d’à peu près six semaines », précise-t-il.

L’outil technologique permettrait en outre aux apiculteurs de mesurer les résultats de leurs pratiques, tant dans la nourriture qu’ils donnent à leurs abeilles, mais aussi dans le traitement des maladies.

Le capteur de Nectar est actuellement en phase de test chez une dizaine d’apiculteurs. Marc-André Roberge prévoit une commercialisation fin 2021, au prix de de 10 à 20$ par ruche.

« Nous sommes convaincus que l’avenir de l’apiculture passe par là, que d’ici 5 à 10 ans chaque apiculteur aura ses ruches connectées avec Nectar » conclut-il.

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