Observer la terre pour mieux la préserver grâce à l’IA

Imaginons, pour un moment, que nous détenons aujourd’hui toute l’information nécessaire pour réduire nos émissions polluantes. Qu’il n’y a plus seulement des risques liés aux activités humaines, mais aussi des choix structurants ! De par les promesses de l’intelligence artificielle (IA), ces réflexions deviennent de plus en plus plausibles.

Lorsque l’on regarde la prolifération des satellites de télédétection spécialisés et les innombrables données maintenant disponibles, il y a fort à parier que le meilleur est à venir en matière d’environnement. Collectivement, nous établissons les bases pour mieux comprendre notre écosystème ainsi que notre influence sur celui-ci. Aujourd’hui, prédire les interactions et anticiper des solutions est davantage qu’un espoir. Nous nous en approchons chaque jour davantage.

Les défis sont multiples, et avant même de voir progresser une intelligence artificielle qui puisse nous offrir des pistes pratiques en réponse aux changements climatiques, il fallait d’abord développer une IA qui agit comme facilitateur entre les données existantes, notre technologie, et les problématiques industrielles. En déployant des capteurs haute-résolution pour la détection de méthane en orbite, GHGSat, qui offre des services de surveillance des émissions de gaz à effet de serre et d’autres gaz polluants, ouvre un tout nouveau marché avec des données qui sont en soi une nouveauté informationnelle et environnementale révolutionnaire.

TROIS VOLETS D’IA

Il y a trois solutions d’intelligence artificielle sur lesquels GHGSat travaille activement.

Le premier volet développe les algorithmes nécessaires pour optimiser l’orientation de leurs satellites vers les émissions de méthane. Pour y arriver, des données provenant, entre autres, de leurs satellites, de satellites publics, des banques de données agrégées (sur les installations et infrastructures énergétiques) et de capteurs radiomètre infrarouges sont traitées. Déjà, cette technologie a un impact et a permis d’observer des fuites de méthane partout dans le monde, entre autre en Asie centrale. Avec l’ajout d’un troisième satellite de télédétection en janvier 2020, leur capacité à diriger les capteurs sur de plus en plus d’installations émettrices, de plus en plus fréquemment, croît de façon exponentielle.

Le deuxième volet supporte le traitement des données générées par leurs capteurs. GHGSat prévoit d’avoir 10 satellites en orbite d’ici la fin de 2022, ainsi que des capteurs sur aéronefs, et grâce à cette “constellation”, une quantité appréciable de données sera produite. Les opérations doivent mettre à profit la résolution de problème où la forte complexité algorithmique pallie aux fonctions cognitives nécessaires à l’identification et la quantification d’observations de méthane.

Finalement, le dernier volet réside dans la finalité de leur raison d’être. Produire des données de qualité sur les gaz à effet de serre n’est qu’une portion de l’équation chez GHGSat. Encore faut-il que ces données soient utiles. En 2020, ils ont misé sur la croissance de leur département d’analytique afin de développer des solutions innovantes. Un exemple? Un indice de risque pour le secteur pétrolier et gazier, qui prédit où les fuites de méthane sont les plus susceptibles de se produire. Parallèlement, l’évaluation et la prédiction de risque sont hautement convoitées par le secteur financier. Une version de ce produit a été mise à disposition sur le terminal Bloomberg en mars 2020.

 

DE NOUVEAUX OUTILS POUR UNE VALEUR AJOUTÉE ACCRUE

Euroconsult : Earth Observation Data and Services Market report, (Novembre 2020, 13ème édition)

 

Dans un rapport publié en novembre 2020, Euroconsult a identifié différentes technologies pilotes qui favorisent l’émergence des différents volets sur lesquels l’automatisation des tâches peut créer un environnement favorable à la mise sur le marché de solutions innovantes et plus haute valeur ajoutée. La livraison en temps quasi réel, une offre abondante de données et des services clés en main ne sont rendus possibles à l’échelle régionale – voire globale – que grâce à la convergence de ces nouveaux outils.

Chez GHGSat, les applications pour leur technologie et leur données se multiplient et la discussion entourant le méthane gagne du terrain à l’échelle mondiale, autant au niveau gouvernemental qu’industriel. En matière de décisions d’investissements responsables et de développement durable, une demande accrue pour des données transparentes sur les émissions est évidente. Corréler des interactions entre les marchés, les émissions et les objectifs climatiques devient une pierre angulaire de la mise en action planétaire sur notre futur climatique.

En octobre dernier, GHGSat a fait un pas concret pour engager la conversation sur le méthane. Fruit de leurs efforts en IA, ils ont publié gratuitement en ligne PULSE, la première carte mondiale de concentration de méthane, offrant une résolution inédite de 2 km x 2 km. Cette initiative, annoncée lors du Forum économique mondial (WEF) de Davos en janvier 2020 en vue de COP26, démontre un engagement à décloisonner ces données qui, quoique disponibles, n’avaient jusqu’à présent pas été particulièrement accessibles. Politiciens, journalistes, scientifiques et grand public consultent maintenant PULSE de façon régulière. Cet outil souligne le besoin de visualiser, d’éduquer et de comprendre l’impact des émissions de gaz à effet de serre sur les changements climatiques.

À l’avant-scène de ce modèle, il y a les capteurs, les missions satellites et les données haute-résolution. Toutefois, en arrière-scène, GHGSat investit continuellement et innove son approche IA pour amplifier la portée de sa constellation. Ainsi, la collaboration et la vision collective de notre futur donnent sens à cette quête technologique où l’IA apporte des solutions concrètes.

 

Ce texte fait partie d’une série d’articles écrits pour CScience IA par Innovitech, qui depuis 30 ans, s’est imposé comme acteur de changement en stratégie d’innovation, notamment en aérospatiale, technologies médicales, sciences de la vie, technologies vertes et en développement territorial. 

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