Quand la biométrie devient votre mot de passe

Valider son identité est devenu une activité presque quotidienne pour la plupart d’entre nous. Que ce soit sur diverses plateformes en ligne, auprès d’institutions bancaires ou simplement pour accéder à ses courriels, nous devons désormais jongler avec des dizaines de noms d’utilisateurs et de mots de passe. Ce rituel numérique pourrait être complètement transformé grâce à une nouvelle forme d’identification : la biométrie comportementale, une innovation qu’une start-up montréalaise veut développer.

Fondée en 2018, l’entreprise IPtoki s’est tout d’abord lancée dans la gestion de la propriété intellectuelle grâce à l’utilisation de la technologie des chaînes de blocs pour se réorienter l’année suivante dans le domaine de l’identification personnelle.

Le concept de sa technologie se différencie de la biométrie traditionnelle, explique son cofondateur.

« Les autres solutions reposent sur des outils d’identification physique; les empreintes digitales, la reconnaissance faciale et ainsi de suite. La biométrie comportementale utilise plutôt la façon dont vous marchez, la manière de bouger votre téléphone cellulaire ou comment vous touchez l’écran tactile pour créer un profil unique de vos comportements », souligne Georges Gyenizse, PDG d’IPtoki.

Effectivement, une douzaine de capteurs différents se retrouve dans votre téléphone intelligent, allant de l’accéléromètre au GPS en passant par le gyroscope.

« Avec tous ces capteurs qui identifient le positionnement et le mouvement du cellulaire, on est capable de recueillir près de mille données par seconde » – Georges Gyenizse, PDG et cofondateur, IPtoki

Et l’intelligence artificielle a aussi un rôle à jouer dans le processus; ce sont les algorithmes qui prennent en considération toutes les données collectées afin de créer une « signature » unique pour chaque individu, explique le PDG.

AUTHENTIFICATION EN CONTINU

Ainsi, votre cellulaire connaît si bien vos comportements qu’il serait difficile pour un tiers parti malveillant de reproduire votre biométrie comportementale, ce qui est un net avantage dans le domaine de la sécurité.

De plus, puisque nous avons à peu près tous notre cellulaire sur notre personne ou près de nous, la solution proposée par IPtoki permettrait une authentification en continu.

« Pas besoin de s’arrêter pour prendre une photo ou pour scanner ses empreintes digitales. Tant que le cellulaire est avec nous et qu’il nous reconnaît, ça fonctionne. C’est non intrusif et ça permet une identification passive et continuelle », insiste M. Gyenizse.

Ce dernier entrevoit que cette méthode sera tout aussi efficace pour une utilisation en personne qu’en ligne.

« Avec notre solution, le nom d’utilisateur et le mot de passe, c’est vous » – Georges Gyenizse, PDG et cofondateur, IPtoki

INTERNET DES OBJETS

Étonnement, une des avenues les plus intéressantes pour cette technologie ne concerne pas les individus, mais plutôt les objets connectés.

Montres intelligentes, assistants virtuels et véhicules autonomes : tous ces appareils peuvent se parler entre eux, mais la question de la sécurité demeure.

En utilisant un identifiant biométrique lié à votre montre intelligente par exemple, il vous serait plus facile de partager vos données liées à votre activité physique avec vos amis sportifs, ou encore de recueillir de l’information médicale pour votre prochaine consultation avec votre médecin.

La solution d’IPtoki n’est pas encore disponible sur le marché, mais après une preuve de concept déposée en décembre dernier, ses créateurs sont confiants qu’une première version « alpha » devrait voir le jour d’ici cet automne.

D’ailleurs, l’entreprise est déjà en négociation avec un géant des télécommunications (dont le nom ne peut être divulgué) pour codévelopper une solution d’identification entre ses clients.

Crédit photo: Pexels/Sora Shimazaki

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