[VOX JEUNESSE] Penses-tu que les robots auront un jour des sentiments?

CScience a rencontré la jeune Emma Russell-Parent qui a bien voulu réfléchir sur la question des émotions chez les robots. Comme on voit beaucoup d’intérêt sur les robots accompagnateurs, comme les chiens robots ou les aides-soignants, il est important de s’interroger sur la relation que nous pourrons avoir avec ceux-ci.

Emma : « Peut-être que dans le futur, oui, les robots auront des émotions. Cependant, à mon avis, ça ne serait pas possible sans y ajouter certains aspects humains.

J’ai lu quelque part, qu’il sera sans doute possible, dans 50 ans, de transférer nos données, comme toutes celles de notre cerveau et de notre mémoire, dans un serveur ou dans un robot.

Donc, en définitive, je répondrais, oui. Mais pas sans qu’il y ait presqu’un humain à l’intérieur du robot. Une certaine copie est nécessaire. »

CScience IA : « Donc, si je comprends bien, d’après toi, l’intelligence artificielle ne pourrait pas développer des sentiments par elle-même. »

Emma : « Oui, sauf si le robot est capable d’évoluer par lui-même en devenant capable d’émotions. »

CScience IA : « On se demande effectivement s’il ne serait pas possible d’émuler la mémoire humaine et de la transposer littéralement dans un robot. »

Emma : « Oui, je crois que la science sera un jour capable, de copier la mémoire d’un humain, mais on n’aura jamais une mémoire totalement organique. Ce sera plus comme un copier-coller de ce que les humains expérimentent. »

CScience IA : « De ton côté, si tu as un jour un robot accompagnateur, comme un chien par exemple, penses-tu que tu développerais des sentiments pour lui, comme de l’attachement ? »

Emma : « Oui, définitivement ! Je me suis plusieurs fois attachée à quelque chose qui n’était pas humain. Alors, je pense que je serais la première à m’attacher à un robot. Même dans les films, les robots sont mes personnages préférés [rire]. »

CScience IA : « Est-ce que tu penses, alors, que les robots pourraient être fâchés et devenir méchants ? »

Emma : « On voit cela souvent dans les films. Les robots sont révoltés. Ils se disent que les humains ont abusé de leurs capacités. Ça pourrait être possible. Mais seulement s’ils ont vraiment des émotions. Sinon, ils ne pourraient pas se fâcher.

En revanche, si le cerveau d’une personne est transféré dans un robot, ça pourrait être possible. En plus, ils seraient beaucoup plus forts, puisque ce sont des robots. »

CScience IA : « Comment pourrait-on éviter ce danger-là ? »

Emma : « Si les robots ont un jour des émotions, il faudra prendre des précautions. Il ne faudra pas abuser de leurs habilités. Il faudra bien les traiter. »

CScience IA : « Penses-tu que nous avons besoin d’un mode d’emploi, de lois ou d’autres choses pour prendre des précautions ? »

Emma : « Je pense qu’on devrait simplement traiter les robots comme on traite les humains. Bien sûr, sans prendre en compte les mauvaises façons de traiter les humains.

Il faudra traiter le robot comme on traite sa propre mère, son père, son frère, sa sœur ou une amie. C’est-à-dire qu’il faut garder des bases de respect. Il ne faudra pas les traiter seulement comme des objets, car ils auront des sentiments. »

CScience IA : « Penses-tu que les émotions joueraient un peu le même rôle que pour nous ? Penses-tu que chez eux aussi, l’amour pourrait se transformer en haine ? Ou bien, tu crois qu’ils auraient uniquement les sentiments que nous leur aurions transféré ? »

Emma : « Ça serait vraiment ennuyant si les robots avaient seulement de bons sentiments. Si on est fâchés contre eux, ils n’auraient pas de réaction.

Surtout, avec les émotions comme la sympathie ou l’empathie, elles ne sont pas possibles sans un peu de tristesse. Même la joie et l’excitation peuvent comporter des éléments négatifs. Toutes les émotions sont un mélange d’autres émotions. »

CScience IA : « Les philosophes nous diraient de peser les émotions et de chercher le juste milieu. Avec les robots, devrait-on être capables de les guider pour faire en sorte que leurs émotions deviennent de bonnes émotions ? »

Emma : « Nous avons regardé en classe le film Sens dessus dessous et nous l’avons analysé. Le film traite de plusieurs types d’émotions et nous montre que la tristesse est nécessaire au bonheur.

Dans l’intrigue, la jeune fille a perdu la joie et la tristesse. Il ne reste plus que la peur, le dégoût et la haine qui la contrôlent. Elle décide alors de s’enfuir. Mais la tristesse revient et lui permet de prendre une meilleure décision. »

CScience IA : « Donc, le robot doit avoir des émotions négatives pour faire des choses positives. 

Emma : « Oui, mais il faudra donner aux robots les mêmes ingrédients que nous avons, nous, humains.

Dans l’ensemble des robots, si un de ceux-ci fait quelque chose de mal, on peut penser que tous les robots sont mal intentionnés, alors que ça ne serait pas différent de chez les humains. »

CScience IA : « Penses-tu, alors, que les robots pourraient avoir une conscience ? »

Emma : « Au début les robots seront très simples. Mais peut-être plus tard, oui. Ou bien s’il y a un projet secret là-dessus [rire]. »

CScience IA : « Penses-tu que les robots pourraient rêver un jour ? »

Emma : « [rire] Mais c’est aussi possible qu’ils ne dorment pas ! Alors, on ne sait pas encore. Le but n’est pas de créer un humain, mais de créer un robot qui ait une fonction particulière. »

CScience IA : « Quel genre de robot aimerais-tu avoir ? »

Emma : « Un robot fait-tout. Quoique ça serait peut-être ennuyant [rire]. Un robot qui ferait le ménage, passerait du temps avec, et qui nous aiderait à faire nos devoirs. »

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CScience IA remercie chaleureusement Emma Russell-Parent et l’agence Les Zallumés pour cette collaboration.

 

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