Le numérique pour prendre soin des aînés à domicile

Le vieillissement de la population est un enjeu qui demandera le déploiement de ressources inédites dans les prochaines années. Afin d’affronter ce problème, certains experts et entrepreneurs se tournent vers l’intelligence artificielle (IA) et les données, celles-ci permettant de remédier au manque de main-d’œuvre dans le secteur de la santé.

Selon le rapport Les aînés du Québec, en 2017 on comptait 1,6 million de personnes âgées de 65 ans ou plus sur 8,4 millions de Québécois (soit près du cinquième) et d’après les projections, le quart des Québécois seront âgés de 65 ans ou plus en 2031 et près du tiers, en 2061.

Ainsi, un plus grand bassin de bénéficiaires de soins de santé, un grand nombre de citoyens en perte d’autonomie et des services publics qui peinent à trouver des professionnels pour promulguer lesdits soins poseront un défi multidimensionnel auquel il n’y aura pas de solution unique.

Cependant, l’IA pourrait contribuer à l’effort de guerre dans le domaine des soins de longue durée.

C’est ce que croient plusieurs partenaires de l’Institut de valorisation des données (IVADO) et de MEDTEQ+, qui sont venus en discuter lors d’un webinaire le 9 septembre dernier.

Voici quelques-unes des innovations proposées pour aider à la prise en charge des personnes âgées et à prolonger leur autonomie à domicile.

Arial

Prendre soin d’une personne vulnérable à distance est difficile. On peut compter sur des systèmes de surveillance par caméra, mais ceux-ci sont intrusifs et demandent l’installation de matériel coûteux.

L’entreprise Arial a trouvé un moyen inusité, soit l’utilisation des ondes Wi-Fi pour surveiller les déplacements d’un individu.

L’idée peut sembler loufoque, mais elle est rendue possible grâce à l’IA, explique le PDG de la jeune pousse, Steve Sifferman.

« Les appareils qui diffusent les ondes Wi-Fi peuvent nous permettre de distinguer les interférences créées dans celles-ci par les objets et le corps humain. Les algorithmes sont ensuite capables de distinguer les interférences créées par les humains de ceux produits par animaux de compagnie ou d’un aspirateur Roomba », souligne-t-il.

Ainsi, le logiciel de l’entreprise peut évaluer les habitudes de sommeil d’un individu.

L’outil d’Arial aussi capable de cerner le comportement normal de la personne et de signaler une alerte à la personne responsable dans l’éventualité d’un changement des habitudes.

« Ça peut regarder les habitudes de déplacement dans la maison, détecter les chutes et même analyser les modèles de respiration pour donner un portrait complet de la santé de la personne », affirme M. Sifferman.

MedOClock

Être un proche aidant peut s’avérer être un emploi à temps plein. La charge de travail est lourde, les soins parfois fastidieux et les heures sont longues.

C’est pourquoi une nouvelle application veut centraliser toute l’information pertinente pour ces personnes.

L’idée de MedOClock est de rassembler des fonctionnalités concernant le suivi de la prise de médicaments, les allergies à surveiller, la nutrition et les urgences afin d’alléger la tâche aux gens en charge d’un aîné.

Prochainement téléchargeable sur les téléphones cellulaires et les tablettes, l’application peut aussi assurer la communication entre les individus qui prennent soin de la même personne âgée.

LeoMed

Le poids du vieillissement de la population sur le système de santé en général, que ce soit dans les hôpitaux ou les établissements de longue durée, est de plus en plus important.

Les professionnels de la santé méritent donc qu’on leur prête main-forte.

Créé par Joseph Aubut, lui-même médecin de profession, LeoMed est un logiciel qui regroupe des informations autrefois dispersées sur plusieurs appareils dans une seule interface.

En comptant sur l’internet des objets et des outils connectés, les signes vitaux peuvent être collectés dans une seule plateforme qui permet aux professionnels de faire une télésurveillance approfondie et plus fine.

De plus, les informations sont ensuite sauvegardées et synchronisées et peuvent être exportées ou imprimées, au besoin. Cela permet aux différents intervenants d’accéder aux données en temps réel et d’assurer une meilleure offre de soins ainsi qu’un meilleur suivi médical.

Beam Me Up

L’entreprise montréalaise Beam Me Up emploie « l’intelligence augmentée » dans un vaste éventail de secteurs, incluant la défense, l’immobilier et le divertissement.

Dans le domaine de la santé, les chercheurs, en partenariat avec l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal et la Fondation Pompidou en France, ont développé des environnements thérapeutiques intelligents en réalité virtuelle pour combattre les symptômes de la maladie d’Alzheimer et de la démence.

Les images projetées dans le casque de visionnement peuvent être stimulantes ou relaxantes.

Certaines simulations font voir un paysage à la campagne ou en forêt, tandis que d’autres permettent d’assister à un concert de musique classique dans un auditorium numérique.

Les effets de ces simulations sur les émotions du sujet sont ensuite captés grâce à l’électroencéphalographie pour ensuite être passés au peigne fin grâce aux algorithmes.

« Nous pouvons ainsi détecter les états mentaux de l’individu, en plus d’analyser ses émotions par image et par le langage », explique Yan Cyr, fondateur de Beam Me Up.

Les environnements virtuels aident donc à augmenter la mémorisation et les performances cognitives des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer en réduisant les émotions négatives.

Crédit photo: Pexels/Andrea Piacquadio

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