CDRIN : mieux comprendre le fleuve Saint-Laurent via l’IA

Le Centre de développement et de recherche en intelligence numérique (CDRIN) a reçu 120 000 $ canadiens, le 4 octobre dernier, de la part du Fonds du Grand Mouvement de Desjardins pour recueillir et analyser les données via l’intelligence artificielle (IA) et ainsi mieux comprendre le fleuve Saint-Laurent.

Fous de Bassan du golfe du Saint-Laurent Crédit photo : CDRIN / Roxanne Trugeon

Le CDRIN veut renforcer son projet “La mer numérique” qui comprend quatre types de recherches visant à mieux apprivoiser le Saint-Laurent. 

Elles portent sur l’observation d’abord du homard, puis des poissons dits pélagiques – qui vivent dans les eaux proches de la surface ou entre la surface et le fond-, ensuite des ombles ou saumons de fontaine, et enfin elles visent à mieux visualiser la dynamique du milieu marin côtier en période hivernale grâce à un simulateur physique et photoréaliste 3D.

LA MER NUMÉRIQUE : UNE RÉALITÉ

Pour ce dernier projet, l’équipe a déjà édifié des captations vidéo et photographiques aboutissant à la reconstruction 3D de l’épave présumée du Scotsman gisant dans le Saint-Laurent à une dizaine de kilomètres au large de la ville de Rimouski, à environ 30 m de profondeur.

En juin dernier, un financement provenant du programme de valorisation scientifique du Réseau Québec maritime (RQM) avait ainsi permis d’entamer la phase 2 du projet de reconstruction de l’épave du navire marchand en réalité virtuelle, grâce à l’intelligence artificielle.

Reconstruction 3D via IA de l’épave du Scotsman Crédit photo : CDRIN / Blender

« Avec l’accroissement de nos multiples projets de recherche en intelligence artificielle, il était plus que primordial pour nous de demeurer à l’avant-garde technologique afin de poursuivre notre mission de mettre l’intelligence numérique au service des citoyens. » Isabelle Cayer, directrice générale du CDRIN (communiqué CDRIN)

L’IA SCRUTE LES FONDS MARINS

D’abord, en partenariat avec l’ISMER, un modèle prédictif en intelligence artificielle a été élaboré pour déterminer la croissance et la consommation de nourriture des ombles de fontaine, entre autres, à partir de l’analyse des otolithes – concrétion minérale de l’oreille interne – des poissons.

Puis ce financement pourra appuyer la création d’un outil réalisé avec le Regroupement des pêcheurs professionnels du Sud de la Gaspésie (RPPSG) et destiné à exploiter les études annuelles des populations de homards pour contribuer à prédire le stock disponible et connaître sa qualité pour la pêche du printemps.

Fous de Bassan dans le Saint-Laurent
CDRIN / Cégep de Rimouski

Enfin le projet, intitulé ReCAPP, réalisé en partenariat entre des enseignants-chercheurs des cégeps de Rimouski et Matane, l’UQAR, Exploramer et le CDRIN, développe un procédé de reconnaissance et de classification automatique de poissons pélagiques de l’estuaire maritime et du golfe du Saint-Laurent. Cette recherche comprend l’observation des fous de Bassan en quête de poissons et flanqués de caméras miniatures captant des images lors de leurs plongées.

Celles-ci sont ensuite utilisées par l’intelligence artificielle afin que les chercheurs les analysent et les combinent aux données de géolocalisation. Ces techniques ont aussi l’avantage de mieux connaître l’évolution et les mouvements des bancs de poissons.

Avec cette manne de 120 000 $ canadiens et l’utilisation d’outils de pointe reposant sur l’IA, le Centre de recherche renforce ainsi qualitativement ses analyses pour mieux cerner la faune de l’est du Québec.

Crédit Photo : CIDRIN

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