Des algorithmes capables de prédire les cancers

C’est l’objectif de l’entreprise BioTwin, qui vient de déposer une demande de brevet pour commercialiser sa technologie. Cette nouvelle Biotech de santé préventive made in Québec permettra de déceler les cancers très tôt, voire même de savoir à l’avance quand ils se développeront chez un patient.

Pour arriver à ce résultat, digne d’un scénario de science-fiction, BioTwin s’est inspiré d’une technique déjà utilisée dans le milieu manufacturier, intitulée le jumeau numérique, ou jumeau virtuel.

Louis-Philippe Noël, directeur général de la firme, nous explique. « Le meilleur exemple que je puisse donner, ce sont les éoliennes. Aujourd’hui, elles ne brisent plus, parce qu’on a des logiciels capables de créer des jumeaux virtuels de toutes les éoliennes industrielles, et qui en temps réel, vont exploiter toutes les informations de tous leurs capteurs. »

La moindre anomalie provoque une alerte, et cela permet de détecter très rapidement la moindre usure. « Mais encore mieux », ajoute l’entrepreneur québécois. « Cela permet de prédire lorsqu’un bris va arriver. C’est ce qu’on appelle de la maintenance préventive. »

DES ÉCHANTILLONS HUMAINS ANALYSÉS PAR DES ALGORITHMES

Cette maintenance préventive, c’est précisément ce que BioTwin souhaite appliquer aux êtres humains dans le domaine de la santé. Cette fois, pas de pièces industrielles, le jumeau virtuel d’un patient sera créé à partir d’échantillons de sang, de salive et d’urine.

“On va collecter ces échantillons biologiques, qui vont nous donner un maximum d’informations sur le fonctionnement du corps humain », précise le cofondateur de BioTwin. « En parallèle, on va collecter des informations multimétriques, via les montres intelligentes et les cellulaires des patients. » Plusieurs algorithmes collecteront et analyseront simultanément les millions de données brutes apportées par chaque échantillon. Plus les échantillons seront nombreux et réguliers, plus les algorithmes seront en mesure de créer le jumeau virtuel le plus précis possible.

La génétique n’est pas capable de prédire à quel moment une femme est susceptible de développer un cancer du sein. Le jumeau virtuel développé par BioTwin pourrait alors nous livrer cette donnée – Louis-Philippe Noël, directeur général et cofondateur de BioTwin

Le but ultime de Louis-Philippe Noël, c’est que cette technologie permette dans un futur proche de prévenir le développement d’un cancer chez un patient, ou au moins de le détecter le plus rapidement possible. Dans le cas du cancer du sein par exemple, on sait, d’après les chiffres de la société canadienne du cancer, qu’il y a 100% de chance de survie lorsque la maladie est traitée dès le stade 1, contre 22% au stade 4.

« Si une femme a trois marqueurs génétiques du cancer du sein, on est pas mal certain qu’elle va le développer », ajoute Louis-Philippe Noël. « En revanche la génétique n’est pas capable de prédire à quel moment elle va l’avoir ». Le jumeau virtuel d’une patiente développé par BioTwin pourrait alors nous livrer cette donnée.

POUR L’INSTANT À DESTINATION DES SPORTIFS

Preuve que cette innovation attire les investisseurs, BioTwin a déjà soulevé 2,5 millions de dollars de financement. En revanche, il faudra attendre au moins 2 ans, d’après son directeur général, avant que cette technologie soit accessible aux professionnels de santé. En attendant, l’entreprise compte entraîner ces algorithmes dans le domaine du mieux-être, comme pour le sport ou la nutrition, moins réglementés.

Ils pourront par exemple, aider des athlètes de haut niveau à améliorer leur consommation maximale d’oxygène. « C’est une première offre de service », précise Louis-Philippe Noël, « pour aider les sportifs à mieux s’entraîner, à prévenir des blessures, ou encore à mieux s’alimenter ».

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